Elle ne courbera plus les cours. Whitney Toyloy prend congé du gymnase d'Yverdon pendant une année. La nouvelle Miss Suisse va pourvoir se consacrer corps et âme à son règne. Du coup, on organise ce vendredi une réception où elle dira adieu à ses camarades et à ses professeurs. Puis, comble de la mondanité, Anne-Catherine Lyon lui adressera les félicitations du Conseil d'Etat vaudois. La cheffe du Département de l'instruction publique pourra oublier un instant ces réformes scolaires qui hantent son quotidien. Elle pourra se livrer pendant quelques minutes aux vertiges de la beauté métissée. La socialiste mesurera à quel point l'élégance plastique flirte à merveille avec l'effort de l'apprentissage. Bref, Anne-Catherine Lyon applaudira le glamour trop souvent corseté. Otage du contenu et de son sérieux. On imagine Nicolas Bideau exulter à son tour, chantre cinétique du charme sophistiqué. Au moment de quitter Whitney Toyloy, la conseillère d'Etat mesurera l'ampleur de la transgression. Elle aura consenti sans honte à l'exil, certes temporaire mais loin de l'école, d'une élève brillante, appelée sur l'autel de la légèreté labellisée, du marketing insouciant, à la barbe du dur labeur que réclame toute formation. Avant de revenir à elle-même avec un frisson, la magistrate aura pris congé aussi provisoirement de sa mission.