Matjaz Sinkovec ne pensait pas déclencher pareille polémique. Signataire mardi à Bruxelles, avec Eveline Widmer-Schlumpf, du protocole sur l'extension de l'accord de libre circulation à la Roumanie et à la Bulgarie, le secrétaire d'Etat slovène s'est retrouvé harcelé de questions après avoir rappelé l'existence, dans les Bilatérales, de la fameuse clause «guillotine» qui pourrait amener Bruxelles à tout remettre en cause.

En lieu et place des «menaces» de l'Union européenne citées par certains médias, l'intéressé avait juste redit qu'il ne peut pas y avoir «deux poids et deux mesures» dans le traitement des 27 par la Confédération. Ce à quoi Eveline Widmer-Schlumpf avait réagi en affirmant «s'attendre à une pareille déclaration». Alors, menaces? «Le mot est plus dramatique, donc plus médiatique», ironise un conseiller de la ministre. «La presse suisse aime utiliser un vocabulaire d'assiégé», remarque un autre observateur.

Le ministre slovène, en tout cas, a réagi. Après avoir d'abord promis au Temps un entretien, Matjaz Sinkovec a envoyé au front sa porte-parole, Maja Kocijancic. «Le message de base était de rappeler l'importance que l'UE accorde au traitement égal de ses membres. C'est tout», explique-t-elle.

La délégation suisse, elle, a été surprise par autre chose: faute de salle, et en raison de délégations multiples reçues ce jour-là au Conseil européen, la salle prévue pour la signature n'était ni rangée, ni débarrassée. Des bouteilles vides et des documents traînaient. Puis le lieu a changé. Preuve que l'Europe aurait bien besoin d'un peu d'ordre... suisse.