On a beau être le sportif le mieux payé au monde, on n'est pas à l'abri des méfaits du dumping salarial. Alors que les pelleteuses et les grues s'activent autour du chantier de la future villa du champion de formule 1 Michael Schumacher sur les bords du Léman, Mise au point met les pieds dans le plat.

Hier soir, l'émission de la Télévision suisse romande (TSR) se penchait sur l'élargissement de la libre circulation des personnes. Une tournée des chantiers l'a amenée dans le béton frais de «Schumiland», dont la construction est estimée à 35 millions de francs.

Le secrétaire régional du syndicat Unia, le bien nommé Aldo Ferrari, interrogé par la TSR, y a découvert plusieurs marbriers français, employés d'une entreprise de Cahors, payé 8,8 euros l'heure. Des ouvriers suisses auraient coûté 27 francs pour la même durée.

L'avocat du champion automobile a précisé que Michael Schumacher ignorait tout des conditions salariales des bâtisseurs de sa maison. Ceux-ci ont depuis obtenu des rattrapages de salaires.

Le spectre syndical plane toutefois toujours sur la demeure du pilote: Aldo Ferrari a annoncé hier avoir également rencontré sur le chantier du manège équestre de Madame Schumacher huit ouvriers allemands sous-payés. «Ils recevaient 1000 à 1500 euros de moins que ce qu'ils auraient dû», a déclaré le responsable syndical d'Unia à Mise au point.

Le syndicat doit contacter aujourd'hui les deux entreprises concernées et exiger des rattrapages. S'il n'obtient pas gain de cause, Aldo Ferrari prévient: «Nous pourrions bloquer le chantier du couple Schumacher.» Cela sans compter l'amende conséquente à laquelle s'exposent les deux entreprises qui ont été accusées.