A quelle activité un conseiller fédéral s'adonne-t-il à la veille de Noël? Comme ses chers concitoyens, il fait les courses, pardi!

En ce 24 décembre, c'est un Joseph Deiss étincelant qui pénètre dans le supermarché Coop de Granges-Paccot, aux portes de Fribourg. Accompagné de son épouse Elisabeth, il se montre d'emblée très à l'aise. Une pièce de deux francs dans la fente idoine pour libérer le caddie, et c'est parti.

Première étape: le rayon des fruits et légumes. Le démocrate-chrétien cultive une sveltesse légendaire. Pas étonnant, dès lors, que le couple ministériel s'attarde en ces lieux synonymes de vie saine. Et puis, il s'agit de montrer l'exemple!

Fromages, biscuits salés, viande, les emplettes se poursuivent sous l'œil respectueux des autres clients. Aucun gorille prêt à intervenir au cas où. Heureux pays où un homme d'Etat peut consommer en toute impunité. Les badauds affichent quelques sourires complices, mais pas question de déranger Monsieur et Madame qui assument de si lourdes charges.

Une fois n'est pas coutume, c'est «Babette» qui mène le bal. Avançant d'un pas allègre, elle se fraie en souplesse un chemin à travers les étalages. Relax dans sa chemise à carreaux, «Seppi» a de la peine à tenir le rythme. Il faut dire que c'est lui qui pousse le chariot.

L'imperturbable Joseph Deiss finira par perdre de sa contenance. Au moment de payer, ne voici pas que la caissière lui lance, d'une voix enjouée: «Bonjour, vous avez la Supercard?» Regard perplexe... Visiblement, le conseiller fédéral ne sait pas de quoi il s'agit. Consommateur averti, il ne connaît pas la célèbre carte de fidélisation de la Coop. Pas fameux, pour un ancien professeur d'économie...