Cela cacherait-il une crise de confiance? Ou une recherche de marques d'identité? Non, c'est du marketing. Venu à Zurich vendredi pour démontrer que dans quelques mois le Cervin sera aux portes de la métropole, le conseiller d'Etat valaisan Jean-Michel Cina s'est engagé dans un éloge à son canton et ses habitants. Dans neuf mois, la nouvelle ligne du Lötschberg mettra Zermatt à 3 heures 12 de la plus grande ville de Suisse (contre 4 heures 24 actuellement). Du coup, le canton retrousse ses manches pour séduire de nouveaux clients, jusqu'ici très friands des Grisons. Une antenne d'information est créée à Zurich, un budget communication de 1,6 million est prévu pour deux ans. Et le chef de l'Economie se déplace pour vanter les mérites de sa région, quelle que soit la longueur du trajet. Vendredi, on a multiplié les intentions: deux tonnes de pommes distribuées dans la gare de Zurich, une conférence de presse dans un wagon et d'une durée comparable à celle qui permettra l'an prochain de lier Zurich à Brig, des cadeaux de bienvenue pour les journalistes intéressés. Et un hymne au Valais. Visiblement, si l'on en croit Jean-Michel Cina, il faut détruire une étiquette rétrograde. Les Valaisans ne sont pas des montagnards accrochés à leurs pentes et indifférents au reste du monde. Le conseiller d'Etat a trois exemples de personnalités œuvrant pour la Suisse entière - et s'ajoutant aux «deux ministres siégeant à Berne»: Sepp Blatter, chef de la FIFA, Martin Werlen, le père abbé d'Einsiedeln et Armin Walpen, patron de SRG SSR idée Suisse. Quand ils plongent dans l'histoire ou la culture, les représentants du Valais francophone restent rares. Heureusement qu'il reste Maurice Chappaz et Corinna Bille. Mais on est là pour convaincre des Zurichois.

A quelques mois de l'ouverture du tunnel salvateur, le conseiller d'Etat valaisan doit aussi se souvenir que lesdits Zurichois préfèrent souvent un cadre naturel soigné à des rangées d'immeubles érigées à grande vitesse en période de boum économique.