Comment? L'Euro 2008 n'a pas encore commencé? Qu'à cela ne tienne. Vive l'Euro 2012!

Samedi prochain, le canton de Genève accueille une manifestation sportive à haute valeur politique, comme on dit à Berne. L'affaire est d'importance. Samedi donc, un match opposera une équipe austro-suisse à une formation polono-ukrainienne. Une rencontre en forme de passage de témoin. Avant l'heure. Si on avait fini par comprendre que la Suisse et sa voisine organisaient cette année la grand-messe du football, on avait peut-être oublié que la Pologne et l'Ukraine s'étaient vu remettre les clés de la prochaine Coupe d'Europe, en 2012. Sur le gazon verdoyant du stade des Trois-Chênes (match à 15h, tenue sportive exigée), l'équipe austro-suisse alignera une poignée de politiques du cru. Et pas des moindres. En short et maillot, les conseillers d'Etat Laurent Moutinot, Charles Beer et Mark Muller. Des Genevois. Les conseillers nationaux Hodgers, Hiltpold et Luscher. Genevois bien sûr. Des députés et des maires de commune ainsi que d'«anciennes» gloires du ballon rond. Genevois? Eh! oui. Il se murmure même que Notre conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey pourrait venir renforcer cette équipe bicolore. Leurs coéquipiers autrichiens sont, eux, réduits à portion congrue. Seuls deux parlementaires viennois seront de la partie. En face, l'équipe polono-ukrainienne aligne du lourd. Traduction: des ministres. Rien de moins. La Pologne se déplace avec son ministre de l'Intérieur et celui des Sports. Accompagnés d'une poignée de députés de la Diète. L'Ukraine n'a, elle, pas encore divulgué sa sélection. De quoi faire défaillir le protocole genevois. Car, même s'il s'agit de foot, la bienséance est de mise. C'est qu'ici politique et sport vont de pair avec tapis rouge et petits fours.