L’historien Jean-François Bergier, 78 ans, est décédé jeudi matin. Il a notamment présidé la Commission d’experts chargés de faire la lumière sur l’histoire de la Suisse durant la Deuxième Guerre mondiale.

Né en 1931 à Lausanne, Jean-François Bergier a enseigné pendant plus de vingt ans au département des sciences humaines de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Il a siégé dans de nombreux comités scientifiques.

Fonds en déshérence

En 1996, en pleine crise des fonds en déshérence, et dans le sillage du rapport Eizenstat très sévèrement critique envers la Suisse, Jean-François Bergier avait été nommé à la tête de la Commission indépendante d’experts (CIE) chargée de faire la lumière sur les relations de la Suisse avec le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale.

Le mandat initial de la CIE se limitait à l’examen des reproches concernant les avoirs en déshérence et les transactions sur l’or de la Banque nationale. Il a par la suite été étendu à d’autres points sensibles – relations économiques, réfugiés, travail forcé –, si bien que la CIE s’est penchée sur presque toutes les questions relatives au rôle international de la Suisse entre 1933 et 1945.

Parallèlement, le crédit accordé à la commission a été porté de 5 à 22 millions de francs. «Cela correspond au coût de 300 mètres d’autoroute», avait dit alors Jean-François Bergier.

Après 5 ans de travaux, en mars 2002, la CIE a publié un rapport de synthèse, communément appelé «rapport Bergier».