Azzam Tamimi, «l'apôtre des attentats suicides» invité par l'association Droits pour tous à venir s'exprimer dimanche à Vernier (GE), n'est pas inconnu sous la coupole fédérale. Le citoyen palestino-britannique a bien été invité à deux reprises par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la dernière fois en 2006, comme il l'a lui-même révélé mardi dans Le Matin. Jean-Philippe Jeannerat, porte-parole du DFAE, confirme l'information.

Cet intellectuel qui se dit très proche du Hamas est réputé pour son discours musclé. Dans les colonnes du Matin, le directeur de l'Institut de la pensée politique islamique basé à Londres se défend d'«encourager» les attentats suicides, mais déclare: «Si je vivais là-bas et que j'étais persécuté par une force d'occupation comme le sont les Palestiniens, je ferais probablement la même chose.» Ce qui revient à cautionner les actes kamikazes.

Discours surveillé

A-t-il tenu des propos similaires lors des séminaires du DFAE? Mystère. Jean-Philippe Jeannerat se contente de préciser qu'Azzam Tamimi a été invité à s'exprimer dans le cadre de séminaires réunissant des «spécialistes de la Confédération», «parmi d'autres personnalités choisies selon le critère de leurs connaissances du contexte proche-oriental». Le porte-parole ajoute qu'Azzam Tamimi n'a «jamais été appelé à conseiller ni le DFAE ni le Conseil fédéral dans quelque domaine que ce soit». Aucune nouvelle invitation n'est pendante, mais le DFAE ne verrait, à l'heure actuelle, aucune raison de ne pas l'inviter à nouveau, en sa qualité de grand connaisseur du Hamas.

Le DFAE n'a en revanche pas été informé de la venue du sulfureux intellectuel à Genève pour une conférence donnée dans le cadre des activités du Collectif Urgence Palestine. Parce que le département ne collabore pas avec ce collectif - qui s'est d'ailleurs lui-même distancié il y a peu de l'intellectuel - et qu'Azzam Tamimi, titulaire d'un passeport britannique, n'a pas besoin de visa pour venir en Suisse, précise en substance Jean-Philippe Jeannerat.

Une chose est sûre: le discours public qu'Azzam Tamimi tiendra dimanche ne passera pas inaperçu. En cas de «provocation au crime ou à la violence», il risquerait une peine pécuniaire ou une peine de prison allant jusqu'à trois ans, précise le Code pénal.