Parmi les nombreux projets de transports collectifs destinés à désengorger le trafic entre le canton de Genève et la France voisine, les parlementaires genevois se sont prononcés vendredi en faveur d'un renforcement de la liaison entre les gares de Cornavin et d'Annemasse. A la fin de la séance, le Grand Conseil a approuvé, à l'unanimité moins une abstention, un projet de loi qui lance l'étude de la réalisation d'une ligne ferroviaire souterraine entre la gare de La Praille et celle des Eaux-Vives. Le crédit alloué s'élève à 6 millions de francs.

En appuyant massivement ce projet déjà ancien, le Grand Conseil tente de prendre de vitesse un Conseil d'Etat auquel il reproche la lenteur de sa prise de décision. Selon René Koechlin, député libéral, ce vote massif est une critique adressée au gouvernement genevois qui, «à force de mettre en concurrence une multitude de projets, réussit à ne rien faire».

Les parlementaires estiment que le tronçon ferroviaire souterrain, long de 4,5 km, constitue la meilleure solution, car il serait emprunté à la fois par les transports voyageurs et marchandises. «Un avantage que n'offre pas le dernier des projets du Conseil d'Etat: le train-tram traversant le pont du Mont-Blanc», souligne René

Koechlin.

La décision des députés a été favorablement accueillie par ALP-Rail et le Groupement pour les transports express régionaux. Ils estiment que ce choix «représente le maillon manquant entre les infrastructures de la région genevoise». Ce projet, qui vise à relier les réseaux helvétique et français, semble prendre un ascendant sérieux sur ses concurrents.

Toutefois le Conseil d'Etat peut toujours enrayer le processus. Il attend encore les résultats de plusieurs études qui doivent éclairer son choix définitif. Le Département de la justice, de la police et des transports annonce qu'il prendra sa décision dans quelques mois, «afin d'inscrire le projet dans la deuxième étape de Rail 2000 et être cofinancé par la Confédération».

Si jamais le choix des autorités cantonales impliquait l'abandon de l'option proposée par les députés, le préjudice financier serait toutefois limité. En effet, avant le lancement de l'étude proprement dite, estimée à plusieurs millions, le projet de loi prévoit de réaliser une étude préliminaire de 80 000 francs. Ses résultats ne seront connus que dans six mois. D'ici là, le Conseil d'Etat devrait avoir statué.