La Ligue suisse des droits de l’homme (LSDH) veut la libération immédiate de tous les requérants déboutés maintenus par le canton de Genève au centre de détention administrative de Frambois (GE). Elle en a fait la demande à la conseillère d’Etat Isabel Rochat.

Après la mort d’un jeune Nigérian le 17 mars à l’aéroport de Zurich, lors d’un renvoi par vol spécial, l’Office fédéral des migrations a décidé de suspendre ce type de vol pour une durée indéterminée. Une décision prise afin d’expliquer les causes de ce décès.

La LSDH met en cause les méthodes utilisées lors de ces renvois forcés. Dans une lettre dont l’ATS a eu copie samedi, elle a interpellé jeudi la cheffe du Département genevois de la sécurité, de la police et de l’environnement.

Face à une telle situation, il est inadmissible et illégal de maintenir ces personnes en détention administrative, note la LSDH. Selon la loi sur les étrangers, la détention doit être levée lorsque «l’exécution du renvoi ou de l’expulsion s’avère impossible pour des raisons juridiques ou matérielles».

Les juges de paix de Lausanne ont décidé tout récemment de prononcer la libération de tous les détenus maintenus à Frambois par le canton de Vaud, pour autant que ces derniers en ont fait la demande, poursuit la LSDH. Cette décision collective a été prise en raison de l’incertitude sur la durée de suspension des vols spéciaux et de l’impossibilité matérielle des renvois.

Depuis le début du mois, au moins sept hommes ont pu quitter le centre qui reçoit les requérants déboutés des cantons de Genève, Vaud et Neuchâtel. La LSDH se rend chaque semaine à Frambois pour s’entretenir avec les détenus, rappelle-t-elle