Le symbole n'est pas passé inaperçu. Lundi soir, l'ancien conseiller d'Etat Claude Haegi a plaidé pour Micheline Spoerri devant les délégués du Parti libéral genevois. A ses yeux, il n'y a pas d'autre candidat susceptible d'avoir un tirant électoral plus important. En 1997 pourtant, alors que Micheline Spoerri était présidente du parti, celle-ci avait sacrifié le sortant Claude Haegi au profit de Michel Balestra.

La carte de la prudence

Lundi, les libéraux genevois ont donc décidé de jouer la prudence en ne souhaitant lancer que deux candidats dans l'élection au Conseil d'Etat de novembre prochain. Mais aussi de ne pas créer de crise. La patronne du Département de justice, police et sécurité (DJPS) a été plébiscitée au premier tour par l'assemblée. Elle a obtenu 242 voix sur 310. Selon le conseiller national Jacques-Simon Eggly, pour avoir une chance de bien passer auprès de l'électorat, il était essentiel de procéder à un vote spectaculaire pour Micheline Spoerri dès le premier tour. La libérale Barbara Polla a abondé dans le même sens: «C'est une conseillère d'Etat exceptionnelle. Même si elle a fait l'objet des critiques les plus sévères au sein même du parti, il faut voir le soutien dont elle bénéficie à l'extérieur. Il faut en tenir compte en termes électoraux.»

Dans la présentation de dix minutes à laquelle chacun des cinq candidats a eu droit (Micheline Spoerri, Mark Muller, Renaud Gautier, Patrice Plojoux et Jean Murith), la cheffe du DJPS a tenu à souligner son bilan à la tête de son département. Elle a notamment mis en évidence la révision de la loi sur la police, «une rénovation profonde de la police genevoise», mais aussi la lutte qu'elle mène contre le trafic de drogue, notamment aux alentours de la gare de Cornavin. La magistrate a également profité de son temps de parole pour préciser que, dans les comptes 2004 de l'Etat de Genève, son département a dépensé 16 millions de moins que ce que le budget prévoyait.

Le deuxième candidat qui accompagnera Micheline Spoerri sur le ticket libéral sera le député Mark Muller, qui a obtenu 168 voix, dès le premier tour également. Ancien secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière, l'actuel chef du groupe libéral a convaincu par une présentation particulièrement dynamique et tonique. Il a prôné une baisse de la fiscalité pour les entreprises. Dans le domaine du logement, il a appelé à l'adoption d'un nouveau plan directeur cantonal élaboré «en collaboration avec les communes, et non pas contre elles».