L'émoi consécutif à la décision du Conseil d'Etat d'opposer un simple rejet aux initiatives fiscale et en faveur des familles (lire ci-dessus) n'a laissé aucune formation politique indifférente. Ainsi, le Parti libéral a-il immédiatement réagit en annonçant que, si le gouvernement ne pouvait se décider, il allait proposer un projet de loi qui soutiendrait un abaissement de la fiscalité des personnes physiques tout en privilégiant les familles. Ce texte doit être déposé aujourd'hui au Grand Conseil.

Lundi soir, le texte en question était encore en cours d'élaboration, mais il doit, selon Rolf Graber, député libéral chargé de sa rédaction, «relancer le débat ou faire office de solution de remplacement». Pour rester dans la philosophie de «Moins d'impôts pour tous», l'initiative fiscale qu'il soutient, le Parti libéral va proposer tout d'abord une diminution générale des impôts. L'ordre de grandeur? «On pourrait imaginer une proportion de 5%», répond Rolf Graber, un chiffre assez éloigné des 12% demandés par l'initiative.

Les libéraux estiment ensuite que les familles méritent un peu plus d'attention et vont proposer plusieurs allégements fiscaux, parmi lesquels la «réintroduction de la déduction totale des primes de la LAMal – ce qui entraînerait un manque à gagner pour le canton de 7 à 8 millions de francs – ou la possibilité de déduire dans une plus grande proportion les frais de garde des enfants». Coût total des mesures proposées: «On pourrait très bien imaginer une enveloppe de 40 millions de francs», estime Rolf Graber. Soit pas très loin de ce que l'autre famille de la majorité, à savoir les radicaux, estime réaliste. Des radicaux qui n'ont pas participé à l'élaboration du texte, contrairement à ce que Jean-Claude Baudoin, vice-président du parti libéral, avait affirmé la semaine dernière. «Nous leur avons ouvert la porte, explique Rolf Graber, mais ils n'ont pas répondu.»

En parallèle à ces mesures immédiates, le parti libéral a également lancé une réflexion sur un éventuel «frein aux dépenses», pour être conséquent avec lui-même. «Cela découle de la situation du canton. Nous ne pouvons pas à la fois chercher à améliorer la donne sur le plan fiscal sans appliquer un correctif aux dépenses», continue Rolf Graber. A titre personnel, le député estime «qu'une limitation de l'expression d'un déficit par rapport aux charges totales renforcerait le pouvoir du Conseil d'Etat face à l'administration.» Mais le projet de loi qui sera déposé aujourd'hui n'intégrera pas cet aspect. L'idée est encore trop fraîche.