Vendredi dernier, après s'être tâtés pendant plusieurs mois, les libéraux ont décidé de se passer du poste d'assistant parlementaire qui leur revient. «Franchement, nous estimons que les dossiers deviennent tellement pointus, qu'il est impossible à une seule personne, même brillante, de les maîtriser tous», explique Yvonne Humbert, chef du groupe parlementaire libéral. Ce parti continuera donc à recourir au coup par coup à des spécialistes auxquels il confie des mandats particuliers. Les 50 000 fr. prévus pour le salaire de l'assistant parlementaire contribueront à régler ces recherches extérieures. Yvonne Humbert reconnaît que le parti libéral, plus que tout autre, peut s'appuyer sur l'expérience professionnelle de ses membres. «Nous avons à disposition tout un réseau de compétences que nous ne devrions pas hésiter à solliciter. Je pense, par exemple, à la Chambre d'agriculture ou aux milieux immobiliers. Dans les milieux libéraux, c'est le moment de faire de nouveau jouer le militantisme.»

Nous rechignent aussi à engager quelqu'un qui soit «à leur botte», explique Yvonne Humbert: «Ce serait un peu gênant de donner des ordres à quelqu'un qui serait toujours derrière nous. J'estime que les députés n'ont pas à avoir des larbins.». Au parti, on doute aussi de l'intérêt du poste pour son détenteur: «Est-ce que cette personne pourra faire autre chose que des travaux de secrétariat?». Les libéraux vont néanmoins observer avec attention l'expérience que tentent les autres partis. «Si cela nous convainc, nous pourrions changer d'avis.»

A. K.