Après le retour des notes à l'école, le Parti libéral propose la poursuite de la réforme du système scolaire genevois. Ses députés ont déposé un projet de loi pour que les élèves genevois obtiennent leur maturité gymnasiale à 18 ans. Genève rejoindrait ainsi la majorité des cantons suisses qui sont passés récemment à un cycle secondaire II de trois ans. Ce processus d'harmonisation est aussi en cours en Argovie. Le Valais et Fribourg resteraient les derniers à ne pas avoir accordé leur formation post-obligatoire avec la tendance nationale.

Pour Pierre Weiss, «cette harmonisation aura deux avantages. D'abord, on avancera l'âge d'entrée des étudiants sur le marché du travail ce qui est une nécessité. Deuxièmement, elle permettra des réformes structurelles de l'enseignement et des économies financières.» Ces économies ne seront toutefois pas importantes car certains professeurs seraient réaffectés au Cycle d'orientation (CO). «Le Parti libéral est favorable à l'investissement dans l'école», précise le vice-président des libéraux. A ses côtés, Janine Hagmann, souhaite «une harmonisation pédagogique nationale, sans perdre toutes les prérogatives nationales. Les Suisses veulent une école unifiée et favorisant la mobilité».

La gauche prête à discuter

A gauche la démarche ne surprend pas et le dialogue semble ouvert avec certaines limites. Catherine Baud, députée verte, pense que «cette proposition est précipitée, et les répercussions sur le CO, en cours de réforme, sont énormes. C'est très compliqué à mettre en pratique et les libéraux ne proposent rien à ce propos». Elle craint également les coupes budgétaires sans projets concrets pour développer le CO, «les libéraux veulent des économies sans se soucier de l'après». Préoccupations partagées par la socialiste Anne Emery-Torracinta qui se dit «d'accord sur le principe, si on ne fait pas d'économies sur les plus faibles». Elle souhaite «que les besoins des élèves en difficulté soient pris en compte, que des passerelles restent possibles». En revanche, la socialiste regrette la vision restreinte des libéraux qui «n'abordent pas la maturité professionnelle. Il faut qu'une réflexion globale sur l'enseignement soit faite pour en préserver la cohérence».

«C'est une proposition intéressante, déclare Lionel Marquis, président de la fédération des parents du CO. Mais cela doit se faire pour rehausser le niveau de l'école obligatoire et la valoriser. Ce sera compliqué mais positif. Nous voulons y être associés.»