Le Temps: Le député libéral Michel Halpérin a annoncé sa candidature à la présidence du parti. Qu'en pensez-vous?

Mark Muller: M. Halpérin est quelqu'un d'incontesté, de très apprécié. Il a été un excellent président du Grand Conseil, et ferait un excellent chef de file des libéraux.

- Au-delà de la présidence, comment voyez-vous l'avenir du parti?

-Je suis un convaincu de la nécessité de fusionner les Partis radical et libéral genevois pour plusieurs raisons. D'abord, il y a une convergence de vue très large entre les deux formations. Certes, nos histoires et origines sont différentes. Mais ces divergences s'effacent au profit d'une doctrine quasi identique. Ensuite, les libéraux ne forment plus de groupe aux chambres fédérales: ils sont intégrés dans le cadre d'une union radicale-libérale. Le fait de ne pas être un parti gouvernemental national nous menace, car cela nous prive de parole dans les grands débats du pays, comme l'assistance sociale, la politique étrangère ou la formation. Les libéraux ne sont simplement pas invités au débat. Leur fusion avec les radicaux permettrait par ailleurs de passer de quatre à trois formations de droite à Genève, ce qui est plus raisonnable. Ensemble, nous représenterions un tiers de l'électorat. Finalement, le discours libéral au sens large a besoin de renouveau. Notre résultat très moyens lors des dernières élections municipales dans les communes suburbaines et en Ville de Genève le démontre.

- Il manque le déclic. Qu'est-ce qui freine cette fusion?

- Le mouvement est amorcé. Mais le Parti libéral, qui vient de vivre une triple crise, n'est pas en très bonne posture. Nous venons de traverser une période difficile. Les libéraux sont actuellement désécurisés, et donc en mauvaise position pour négocier une fusion avec le Parti radical. Pour que la fusion soit fructueuse, il faut que les deux partenaires se sentent forts.