Un vote stalinien pour un pôle libéral. Réunis dans la vaste salle dorée du Kultur-Casino de Berne, au premier étage, les 246 délégués radicaux se sont prononcés à l'unanimité en faveur du mariage. Plus serrés dans une petite salle du rez-de-chaussée, leurs cousins libéraux ont approuvé la fusion par 49 voix. Huit d'entre eux s'y sont opposés et un délégué s'est abstenu.

Mais c'est finalement avec une standing ovation, et sur un air de musique techno, que les seconds ont rejoint les premiers à l'étage. Samedi, le parti libéral suisse (PLS) et le Parti radical-démocratique (PRD) se sont donc dit oui. En 2009, le nouveau parti «le PLR. Les libéraux-radicaux» verra le jour.

Sur la scène, les présidents des deux formations respectives, le radical Fulvio Pelli et le libéral Pierre Weiss, ont débouché ensemble le champagne, en compagnie du président de la Confédération Pascal Couchepin. Lequel a déclaré être «rajeuni de quarante ans. Car la première fois que j'ai été élu, c'est sous l'étiquette radicale-libérale», a souligné le Valaisan. Plus tôt, Fulvio Pelli et Pierre Weiss, dont la nouvelle formation est créditée de 17,7% des voix - ce qui en fait la troisième formation sur le plan national après l'UDC et les socialistes - ont souligné leur intention de faire du PLR le deuxième parti de Suisse, devant le PS. Les deux présidents ont adressé, au passage, un appel du pied au Parti bourgeois-démocrate (PBD) et aux Verts libéraux.

Libéraux bâlois opposés

Mais ce mariage de raison a également fait des mécontents. Notamment du côté des libéraux bâlois, qui ont voté contre la fusion. «Cumuler nos résultats électoraux pour dire qu'on est plus fort, c'est loin d'avoir un projet commun», a souligné l'ancien conseiller national et actuel conseiller d'Etat Christoph Eymann. Ce dernier s'est en outre emporté contre les propos tenus devant la nouvelle assemblée par Fulvio Pelli. Le président des radicaux, qui prendra les rênes du PLR, a pointé du doigt Christoph Blocher et l'ex-président d'UBS Marcel Ospel. «Personne, a souligné Fulvio Pelli, n'a autant porté atteinte à nos valeurs libérales que le «Blospel».» Pour Christoph Eymann, qui s'en est ouvertement pris à Fulvio Pelli à la fin de l'assemblée, «ces propos sont déplacés. Les radicaux ont toujours accepté l'argent de Peter Wuffli (ndlr: ex-CEO d'UBS). Ils ne peuvent pas se moquer quelques mois plus tard de Marcel Ospel.» Dans les rangs libéraux, certains ont déploré l'attitude des Bâlois. «Je dois dire que je ne comprends pas vraiment leurs réticences face à la fusion», note ainsi un délégué.

Dans les cantons de Vaud, Genève et Bâle-Ville, deux partis - affiliés au parti suisse - continueront de coexister. Ces partis libéraux et radicaux cantonaux seront toutefois tenus de collaborer et de s'informer de leurs actions. Ils concluront, au moins tous les quatre ans, un accord de coopération. De même, les formations devront s'allier pour les élections fédérales, «et dans la mesure du possible», cantonales et communales. En cas de différends, la Conférence des présidents du PLR - une nouveauté issue de la fusion - jouera le rôle d'arbitre.