Libéraux et radicaux partiront main dans la main au printemps prochain pour tenter de conserver leur majorité au Conseil d'Etat neuchâtelois. Après les délégués radicaux, le 16 novembre, les membres du Parti libéral ont accepté samedi matin à Saint-Aubin la proposition de leur équipe présidentielle. Une décision attendue: l'UDC ayant indiqué qu'elle souhaitait partir seule, les deux partis bourgeois n'avaient pas vraiment le choix. La possibilité de partir en rangs dispersés a bien été évoquée. Elle a été massivement rejetée dans les deux camps.

Avec la multiplication des listes et des candidats, il semble acquis que le scrutin du 10 avril débouchera sur un ballottage général (LT du 05.11.2004). Dans ce contexte, les deux états-majors ont décidé d'abandonner leur traditionnel ticket à trois (deux libéraux, un radical) au profit d'une liste à cinq, plus ouverte. Sur ce point également, ils ont été suivis à une écrasante majorité.

Le Parti radical désignera ses deux candidats le 15 décembre. La députée Catherine Schallenberger, le conseiller général (parlement) de la ville de Neuchâtel Blaise Péquignot et l'ancien président de l'Association Val-de-Travers Sylvain Piaget sont «candidats à la candidature».

Antoine Grandjean hors jeu

Les libéraux ont fait leur choix samedi. Locomotive de la liste, la ministre sortante Sylvie Perrinjaquet a été désignée par acclamations candidate à sa propre succession. Pour compléter la liste, les 366 délégués libéraux ont voté à bulletins secrets. Leur dépouillement a débouché sur une surprise de taille: le conseiller communal (exécutif) de la ville de Neuchâtel Antoine Grandjean n'a pas obtenu l'investiture. Avec 163 voix, il a été battu par le conseiller communal du Locle Charles Häsler (245) et par le Vaudruzien Christian Blandenier, président de la Commission judiciaire du Grand Conseil (191).

Avant cette petite sensation, l'assemblée s'était penchée sur la stratégie à adopter lors du second tour de scrutin. Un point central qui a été le seul de la matinée à être un peu discuté. Opposé à toute forme d'alliance avec une UDC «en rupture avec de nombreuses valeurs libérales», le candidat à l'investiture Pierre Aubert a demandé aux délégués de s'en tenir à l'alliance libérale/radicale. Ils ne l'ont pas entendu: par 249 voix contre 46, ils ont décidé de laisser «toutes les portes ouvertes» à leur équipe présidentielle afin de faire barrage à la gauche. Déçu, Pierre Aubert a immédiatement retiré sa candidature.

Si le principe semble acquis, la mise en place d'une liste libérale, radicale et UDC au second tour n'aura rien d'une sinécure. Le 10 avril au soir, qu'elle ait gardé ou non sa majorité parlementaire, la droite n'aura guère le temps de disserter: le règlement électoral ne lui laissera que 36 heures pour passer de la théorie à la pratique.