A une voix près, les délégués du Parti libéral vaudois ont soutenu jeudi soir l'initiative «Oui à l'Europe!». Résultat du vote: 41 oui, 40 non, 12 votes blancs et 7 abstentions. Les arguments d'ouverture et de cohérence avec les précédents engagments proeuropéens du parti, de même que l'envie de participer, l'ont donc emporté de justesse. Mais la division est profonde et les dirigeants du parti sont inquiets face à ce clivage. Les orateurs avaient été choisis en dehors du canton, la libérale genevoise Martine Brunschwig Graf pour et le radical neuchâtelois Claude Frey contre. Le ténor vaudois du non, le conseiller national Serge Beck, n'a pas participé au congrès.

Par ailleurs, les libéraux vaudois vont lancer leur initiative pour le retour des notes à l'école. L'assemblée des délégués du parti a appuyé à la quasi-unanimité jeudi soir la démarche annoncée en décembre dernier par la direction du parti.

L'initiative stipule que dès le second cycle primaire toute évaluation des élèves est établie sous forme de notes. Les moyennes doivent aussi être la base principale de la promotion, d'autres facteurs pouvant être pris en compte à titre complémentaire. L'initiative a été défendue par le député lausannois Jacques-André Haury, qui a qualifié le système des notes de langage «enfantin» par rapport à l'opacité du système d'évaluation. Profitant d'un important malaise scolaire lié aux difficultés d'application de la réforme scolaire EVM, les initiants ne devraient pas avoir la moindre difficulté à récolter les 12 000 signatures nécessaires d'ici au 6 mai.

Après l'initiative pour la suppression de l'impôt sur les successions, qui vient d'aboutir, c'est la seconde fois en peu de temps que le parti en appelle au peuple contre la politique gouvernementale. L'initiative scolaire consacre un nouveau clivage entre les libéraux et les radicaux, même si le Lausannois Francis Thévoz siège dans le comité d'initiative. La direction radicale a réagi à la démarche libérale par une autre initiative, parlementaire cette fois, qui propose aussi le retour aux notes mais uniquement comme critères d'évaluation et non de promotion. Quant au Département de la formation et de la jeunesse, loin de défendre l'intégralité de la réforme, il planche sur un compromis garantissant une alliance radicale-socialiste qui marginalisera les libéraux.