Les libéraux vaudois vont lancer leur initiative pour le retour des notes à l'école. L'assemblée des délégués du parti a appuyé à la quasi-unanimité jeudi soir la démarche annoncée en décembre dernier par la direction du parti.

L'initiative stipule que dès le second cycle primaire toute évaluation des élèves est établie sous forme de notes. Les moyennes doivent également être la base principale de la promotion, d'autres facteurs pouvant être pris en compte à titre complémentaire.

L'initiative a été défendue par le député lausannois Jacques-André Haury, qui a qualifié le système des notes de langage «enfantin» par rapport à l'opacité du système d'évaluation.

Profitant d'un important malaise scolaire lié aux difficultés d'application de la réforme scolaire EVM, les initiants ne devraient pas avoir la moindre difficulté à récolter les 12 000 signatures nécessaires d'ici au 6 mai.

Après l'initiative pour la suppression de l'impôt sur les successions, qui vient d'aboutir, c'est la seconde fois en très peu de temps que le parti en appelle au peuple contre la politique du gouvernement. L'initiative scolaire consacre un nouveau clivage entre les libéraux et leurs cousins radicaux, même si le Lausannois Francis Thévoz siège dans le comité d'initiative. La direction radicale a réagi à la démarche libérale par une autre initiative, parlementaire cette fois, qui propose elle aussi le retour aux notes mais uniquement comme critères d'évaluation et non de promotion. Quant au Département de la formation et de la jeunesse (DFJ), loin de défendre l'intégralité de la réforme, il planche sur un compromis garantissant une alliance radicale-socialiste qui marginalisera les libéraux.

Venait ensuite le sujet le plus délicat de la soirée: quelle position adopter face à l'initiative «Oui à l'Europe»? Les libéraux sont divisés. Une position de rejet en ferait jusqu'à ce jour le seul parti romand à s'aligner sur la position de l'UDC. Les dirigeants actuels du parti redoutent le risque de fracture. Les orateurs avaient été choisis en dehors du canton, la libérale genevoise Martine Brunschwig Graf pour et le radical neuchâtelois Claude Frey contre.