Le commandant de la police cantonale valaisanne Christian Varone, arrêté il y a une semaine en possession d’une pierre dans ses bagages, a été libéré sans condition. Il a affirmé vendredi devant la presse n’avoir dû verser aucune caution.

«Je suis libre sans aucune condition», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Savièse (VS). Il n’a en revanche pas eu accès au dossier le concernant. Il ne sait pas si sa libération équivaut à un acquittement et il attend encore un acte écrit qui précise s’il est inculpé ou pas.

Il a aussi dit n’avoir dû verser aucune caution. Le seul montant dont il s’est acquitté a été le paiement des honoraires de l’avocate commise d’office, «selon le tarif en vigueur». Il s’est dit prêt à se présenter devant la justice turque si la procédure l’exige.

Christian Varone n’a pas voulu s’étendre sur les conditions de détention, se bornant à préciser que ce sont des moments difficiles qu’il a pu supporter grâce à l’amour de ses proches et à son optimisme naturel. Il précise cependant que les contacts avec la police turque ont été «empreints du plus total respect».

Après sa libération, il a eu connaissance de l’élan de sympathie que son arrestation a soulevé. Il sait que certaines personnalités, en Suisse et en Turquie, se sont mobilisées qui ont pu confirmer qu’il était une personne digne de confiance. «Mais j’ai senti que la justice turque est totalement indépendante», a-t-il dit.

Sur les faits, Christian Varone raconte qu’il a lui-même ramassé une pierre sur le bas-côté de la route principale de la ville de Side, au retour d’une visite du site archéologique du lieu. Il a été attiré par sa forme et n’avait aucune intention de commettre une infraction.

La pierre mesurait une vingtaine de centimètres, aucune inscription n’était visible, elle était sale, précise-t-il. Sur le site lui-même et à l’extérieur, aucun panneau n’indiquait une interdiction de prendre des pierres.

Le commandant de la police précise que même sans panneau, et sans connaître la législation turque, il n’aurait jamais ramassé de pierre sur le site archéologique. Mais l’endroit où il a pris le caillou était largement hors du périmètre.

Au départ de la famille, il a mis la pierre dans une valise, sans la camoufler. Il a été arrêté après une fouille à l’aéroport. «Je sais plus ou moins comment se passent les contrôles à l’aéroport, si j’avais voulu sortir un objet de valeur je ne m’y serais pas pris de cette manière», précise-t-il.

Après cette mésaventure, M. Varone a souhaité présenter ses excuses aux autorités turques. Il dit ne pas avoir eu de volonté de spolier le pays d’un bien culturel et il est prêt à assumer les conséquences de son geste jusqu’au bout.

Libéré sans condition, il ne sait en revanche pas s’il est acquitté. Il attend un acte écrit qui précise s’il reste inculpé ou non. Et au cas où il devrait se présenter devant la justice turque, il le ferait. «Je fais confiance à la justice et aux institutions», a-t-il dit.

La mésaventure ne devrait pas avoir de conséquence sur la suite de sa carrière. La cheffe du département cantonale de la sécurité Esther Waeber-Kalbermatten lui a dit qu’il conservait toute la confiance du gouvernement. Quant à sa candidature au Conseil d’Etat valaisan, il n’entend pas la retirer.