Hormis l'exception genevoise, la gauche et les Verts sont unanimes à se prononcer en faveur de l'extension de la libre circulation des personnes, ce qui n'avait pas été tout à fait le cas à propos de Schengen/Dublin. L'intérêt et l'engagement sont également bien supérieurs, à la mesure des enjeux que représente cette votation pour les partis de gauche comme pour le monde du travail. «Nous marquerions un formidable autogoal, assure Christian Levrat, vice-président de l'Union syndicale suisse (USS) si nous laissions le non l'emporter le 25 septembre.»

Il n'en existe pas moins un scepticisme certain dans la base syndicale, admet-il, mais celle-ci va de pair avec une ferme volonté de débattre de la question.

Christian Levrat affiche un «optimisme raisonnable», fondé sur l'évolution des esprits dans les organisations syndicales. L'été dernier, explique-t-il, les cadres syndicaux étaient relativement sceptiques. Ils sont aujourd'hui unanimes en faveur de la libre circulation. On a constaté la même évolution dans les congrès et les assemblées de délégués, après des débats approfondis.

On observe maintenant sur le terrain, ajoute le vice-président de l'USS, que les travailleurs, une fois le travail d'explication effectué, admettent et transmettent qu'il est dans leur intérêt de voter oui le 25 septembre prochain. Le fait que les leaders des dernières luttes syndicales se prononcent également pour le oui est aussi un atout.

Un ton agressif

Pour sa part, Christian Levrat adopte un ton relativement agressif pour crédibiliser son argumentaire auprès de sa base, comme on l'a vu jeudi à Berne, lors de la présentation du comité de gauche en faveur de la libre circulation des personnes.

Pour Suzanne Blank, de Travail.Suisse, on aurait, en cas de non, les travailleurs de l'Est au noir, sans les mesures d'accompagnement pour lutter contre le dumping social et salarial. Hans-Jürg Fehr, président du Parti socialiste, se réfère quant à lui aux dernières votations portant sur la politique extérieure pour nourrir son optimisme. En disant oui aux premiers accords bilatéraux, à l'ONU et à Schengen/Dublin, les Suisses ont montré qu'ils refusaient l'isolationnisme. Le PS, qui a placé la thématique de l'ouverture au centre de ses campagnes lors des votations sus-mentionnées, va récidiver, en liant l'ouverture aux mesures de protection contre des abus possibles et en choisissant le slogan «Ouvrir les frontières, protéger les salaires». Le comité de gauche réunit le PS, les Verts, les jeunesses de ces deux partis, l'USS, Travail.Suisse, Solidarité sans Frontières et le Forum pour l'intégration des migrants.