Créé samedi à Bâle, le nouveau syndicat Unia a longuement discuté de l'extension de la libre circulation des personnes aux nouveaux pays de l'UE. La discussion a été animée entre partisans du référendum immédiat et ceux qui veulent attendre. Les Tessinois ont estimé que le lancement immédiat permettrait de lutter efficacement contre le dumping salarial. S'il n'est pas combattu «à fond», ont-ils ajouté, ce dumping «pourrait favoriser la naissance de sentiments xénophobes». Un autre délégué favorable au référendum a estimé que le nouveau syndicat devait montrer qu'il a des dents.

Si le référendum est lancé immédiatement, il y a un risque qu'il soit mal interprété, a en revanche déclaré un délégué romand: «Posons d'abord nos conditions et lançons-le si nous ne sommes pas satisfaits.» Le comité directeur d'Unia est sur la même longueur d'onde. Il est favorable à la libre circulation des personnes pour autant que des mesures d'accompagnement soient prises. Il exige notamment un renforcement des contrôles.

Combattre les abus en matière de salaires

Pour le comité directeur, il faut donc attendre le débat au parlement. Une assemblée extraordinaire du syndicat décidera au printemps si Unia lance le référendum. Au vote, le comité directeur l'a emporté à une large majorité. Invitée du congrès, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a prononcé un plaidoyer en faveur de l'extension de la libre circulation des personnes. Le Conseil fédéral mettra tout en œuvre pour combattre les abus en matière de salaires, a-t-elle assuré. L'extension de la libre circulation des personnes ne va certainement pas engendrer «un tourisme du chômage», car elle ne s'applique pas aux chômeurs, selon elle.

Fort de 200 000 membres, Unia est le plus grand syndicat de Suisse. Les délégués du SIB, de la FTMH et de la FCTA ont accepté la fusion dans Unia à la quasi-unanimité, avec une seule opposition et une abstention. La naissance du syndicat été applaudie longuement par les 1300 personnes présentes dans la grande salle de la Foire de Bâle. «C'est un jour historique», a déclaré Vasco Pedrina, ancien président du SIB et coprésident d'Unia avec son collègue de l'ex-FTMH, Renzo Ambrosetti.