Se déplacer librement en ville, faire leurs emplettes, préparer leurs repas: voilà les activités auxquelles les deux frères ouïgours s’adonnent, selon l’AJAM qui les a pris en charge. Depuis leur arrivée dans le canton du Jura il y a dix jours, ils goûtent à nouveau à la liberté après plusieurs années d’emprisonnement.

Les deux frères se dont déclarés «très reconnaissants à la Suisse et au canton du Jura de les avoir accueillis à titre humanitaire». Ils ont déjà pu partir à la découverte de plusieurs villes et villages de la région, selon l’AJAM qui précise qu’ils «sont très intéressés à découvrir le Jura», où ils trouvent «le calme et la tranquillité dont ils ont besoin».

Prenant des cours de français, ils vont bientôt commencer une formation afin «de vivre de manière totalement autonome». C’est d’ailleurs «leur plus grand souhait», précise l’AJAM dans un communiqué.

Pour l’instant, les deux réfugiés ne souhaitent pas répondre aux journalistes. L’AJAM demande dès lors aux médias «d’observer la plus grande retenue». Ils se sont néanmoins pliés à la demande du «Quotidien Jurassien», dont la une de samedi présente une photo des deux frères se promenant dans la capitale jurassienne.

La Confédération prend à sa charge tous les frais liés à leur séjour jusqu’à leur indépendance financière. Elle rappelle que les deux hommes n’ont été ni accusés, ni condamnés par les autorités américaines. Au total, la Suisse accueille trois ex-détenus de Guantanamo. Outre les deux Ouïgours, un ressortissant ouzbek est arrivé dans le canton de Genève en début d’année.