La Libye va durcir sa politique de visas à l’encontre des Européens, en réaction à une politique limitant l’attribution de visas Schengen aux ressortissants libyens, a indiqué jeudi à l’AFP une source libyenne de haut niveau.

«Le service des passeports, de la nationalité et des affaires des étrangers va durcir les conditions d’octroi des visas aux hommes d’affaires et chefs d’entreprises européens travaillant en Libye ainsi qu’aux ressortissants de certains pays européens», a indiqué cette source sous couvert de l’anonymat.

La même source explique que ces mesures, qui seront appliquées à «partir des prochains jours», constituent une réaction à une politique européenne limitant l’attribution de visas Schengen aux ressortissants libyens.

Ces visas, attribués par un Etat membre de l’espace Schengen, permettent à leurs détenteurs de circuler librement dans l’ensemble du territoire Schengen.

La Libye avait protesté en novembre contre cette politique européenne, dans la foulée de la crise diplomatique entre Berne et Tripoli.

Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères avait précisé que la plupart des demandes de visas Schengen avait été refusées aux ressortissants et responsables libyens.

Khaled Kaïm avait alors dénoncé une «solidarité systématique et programmée» avec Berne, menaçant de «traiter les Européens de la même manière».

La crise diplomatique entre Berne et Tripoli a commencé suite à l’arrestation musclée, le 15 juillet 2008 dans un palace de Genève, d’Hannibal, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, âgé de 32 ans à l’époque ainsi que de son épouse enceinte, Aline, sur plainte de deux domestiques.

En mesure de rétorsion, La libye retient depuis plus d’un an et demi deux hommes d’affaires suisses accusés d’infractions sur l’immigration et d’exercice d’activités économiques sans autorisation.

Berne a adopté de son côté une politique restrictive de visas Schengen envers les responsables libyens.