Hausse de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, bonus AVS de 70 francs pour les nouveaux retraités, baisse du taux de conversion LPP, augmentation de la TVA: les éléments fondateurs de la réforme des retraites mise sous toit par le Parlement vendredi dernier ont déchaîné les passions. Mais ce paquet nommé Prévoyance 2020, qui sera soumis au vote le 24 septembre, n’est qu’une étape dans le processus d’assainissement de l’AVS.

Lire aussi:  La guerre des rentes se jouera devant le peuple

Lier l'âge de la retraite à l'espérance de vie

La NZZ am Sonntag relaie ainsi le calendrier des partis du centre dans ce dossier. PDC, PBD et Vert’libéraux ont certes apporté leur soutien à la gauche pour amener le projet Prévoyance 2020 devant le peuple sans devoir affronter la question qui tue, celle d’une augmentation de l’âge de la retraite pour tous à 66, 67 ans, voire plus. Mais le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE) le dit clairement: au lendemain du vote sur Prévoyance 2020, il faudra remettre l'ouvrage sur le métier. Des adaptations concernant l’âge de référence de départ à la retraite seront nécessaires. «Nous devrons adapter la prévoyance vieillesse à la réalité démographique de manière durable. Une hausse de l’âge de la retraite devra obligatoirement être discutée», approuve la conseillère nationale Ruth Humbel (PDC/AG). L’Argovienne voit un test dans le projet soumis au peuple cet automne. Il flexibilisera les possibilités de partir à la retraite entre 62 et 70 ans (l’âge de 65 ans restant une référence pour tous). Il appartiendra alors à l’économie de prouver qu’elle peut et veut garder des travailleurs au-delà de 65 ans, estime l'élue centriste.

La base socialiste sera consultée sur la réforme

En attendant ce débat qui fâche, partis et organisations préparent le vote du 24 septembre prochain. Le Parti socialiste (PS), nous apprennent la SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche, consultera sa base avant le scrutin officiel. Une votation interne sera organisée en avril. La stratégie du chef de file du parti à la rose, Christian Levrat, est claire. Il veut donner l’assise la plus solide possible à la réforme avant que le conseiller fédéral Alain Berset ne descende dans l’arène, entouré des camarades. La démarche est rare mais pas inédite. Le PS avait consulté ses membres individuellement sur la 10e révision de l’AVS qui a entériné le passage de l’âge de la retraite des femmes de 62 à 64 ans.

Lire aussi:  Notre interview d'Alain Berset au lendemain du vote au Parlement

Petit oui d’Unia à Prévoyance 2020… à huis clos

Alors que Christian Levrat se dit confiant quant au vote de la base socialiste sur la réforme des rentes, deux organisations syndicales ont sué samedi pour convaincre leurs membres. Les délégués du Syndicat des services publics (SSP) appuient la réforme par 22 voix contre 19. Les délégués d’Unia - dont le président Paul Rechsteiner (PS/SG) est l'un des architectes de Prévoyance 2020 - ont approuvé le projet par 54 voix contre 47 au terme d’un débat mené à huis clos, comme le rapporte le SonntagsBlick. Une journaliste qui voulait suivre les discussions de l'assemblée s’est vue raccompagner à la porte. Motif avancé par la direction du syndicat: en la présence des médias, des délégués auraient peut avoir peur de se prononcer ouvertement contre la direction d’Unia.

L’UDC pas si chaude à mener le combat 

Ces scores serrés dans les organisations syndicales montrent que le vote de gauche à la réforme Prévoyance 2020 n’est pas acquis. Mais dans le camp de droite, des doutes commencent aussi à poindre. Opposé de manière «stratégique» à la réforme durant les débats, l’UDC ne semble plus très chaude à mener la campagne contre le paquet en septembre. Le président Albert Rösti le dit à mots couverts à la SonntagsZeitung: «Notre engagement dépendra aussi de nos ressources». En toile de fond se joue la voix des paysans, plutôt favorables à la réforme, avec lesquels l’UDC n’a aucun intérêt  se brouiller.

Les CFF vont se servir de leur App horaire pour faire de la pub personnalisée

C’est l’une des applications préférées des Suisses. Les CFF l’ont compris et veulent en tirer profit. La dernière édition de Schweiz am Wochenende révèle que l'ex régie fédérale va proposer aux annonceurs de faire de la publicité personnalisée sur son application horaire. Cette dernière a été revue en novembre dernier et améliorée grâce à la géolocalisation. Les CFF voient dans cet outil des opportunités publicitaires intéressantes. Les annonces apparaissant sur l'application pourraient être personnalisées selon le trajet et la classe. Exemple donné par Schweiz am Wochenende: un voyageur de 1e classe qui utiliserait son application pour planifier son voyage à Lucerne, pourrait recevoir, durant son trajet, des publicités pour un concert dans le prestigieux KKL. Un voyageur de 2e classe se rendant à Lucerne recevrait, lui, une pub pour le Musée des transports.

Le procédé est légal, du moment où l’utilisateur accepte les conditions générales de vente. Les CFF disent respecter la législation en vigueur et rappellent que le client a toujours la possibilité de refuser la publicité sur son application. Le Préposé fédéral à la protection des données avait pourtant tapé sur les doigts des CFF l’an dernier, parce que les données des détenteurs du Swisspass récoltées lors de contrôles étaient stockées pendant 90 jours. Le Préposé fédéral a fait stopper la pratique pour éviter que les CFF ne puissent dresser des profils des usagers.