L'Institut des hautes études en administration publique (Idheap), basé à Chavannes, près de Lausanne, prend la tête d'un réseau national. Avec les universités de Berne et de la Suisse italienne, il étoffera l'offre de son master au sein d'un nouveau «pôle suisse en administration publique», comprenant aussi une école doctorale et des activités de recherche.

Directeur de l'Idheap, Jean-Loup Chappelet fait remarquer qu'au moins 15% des emplois en Suisse relèvent des administrations, et que le pays connaît «un fort besoin en formation, ainsi qu'en recherche, dans ce domaine». Pour s'adapter à la nouvelle structure des études, l'Idheap a lancé son master spécialisé en 2006. Avec une audience croissante: une dizaine d'étudiants la première année, 30 en 2007, 60 à cette rentrée. Les jeunes intéressés possèdent, en majorité, un bachelor en sciences politiques, en droit ou en économie. Une mise à niveau est possible pour ceux qui viennent d'autres filières.

Moyens coquets

Avec le nouveau pôle, l'Idheap et ses partenaires gagnent des moyens coquets: neuf professeurs assistants ont été engagés dès le mois d'août, dont cinq à Lausanne. Ils évoluent dans des domaines tels que le management public, les institutions européennes et la mondialisation ou les ressources humaines. Ils augmenteront également le volume de recherches.

L'Idheap s'est adressé aux Universités de Berne et du Tessin parce qu'elles proposaient, ou envisageaient, des masters du même ordre. Celle de Lugano ouvrira sa filière à la rentrée 2009 - pour l'heure, elle propose la deuxième année de master. Berne a son cursus depuis l'année passée.

Les étudiants réaliseront une partie du cursus dans une autre université, renforçant leur vision confédérale de leur matière, car «la gestion publique n'est pas envisagée de la même façon d'une région linguistique à une autre», note Martial Pasquier, professeur à l'Idheap. Le projet est soutenu par la Conférence universitaire suisse et le Secrétariat d'Etat à l'éducation et à la recherche, qui allouent 6 millions de francs pour quatre ans. Les trois universités concernées - l'Idheap est lié à celle de Lausanne - doublent la mise, preuve de la «logique de pérennisation» marquant le projet, assure Martial Pasquier.

L'installation de ce pôle conforte la position de l'Idheap sur la place nationale, mais aussi dans ses projets domestiques: il y a quelques jours, ses responsables ont reçu le permis de construire pour la future bâtisse de l'institut, qui rejoindra, dès 2010, le campus lausannois.