Genève internationale

L’IHEID inaugure sa Maison de la paix

L’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) inaugure ce vendredi sa Maison de la paix. C’est l’aboutissement d’un projet de 20 ans qui apportera des rentrées financières importantes à l’institut. Seule ombre au tableau, la grogne des étudiants, qui protestent contre l’augmentation des taxes d’études

L’IHEID inaugure sa Maison de la paix et compte sur ses locataires

Genève Propriétaire de ses murs, l’institut académique en tire des rentrées financières. Les étudiants veulent perturber l’inauguration

L’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) inaugure ce vendredi en présence du président de la Confédération, Didier Burkhalter, sa Maison de la paix: l’aboutissement d’un projet lancé il y a 20 ans et dont une première mouture fut refusée en votation populaire en 1998. C’est aussi l’incarnation d’un nouveau modèle de financement d’une institution académique. L’institut est déjà installé depuis une année dans les premiers pétales, du nom des bâtiments qui composent l’élégant ensemble architectural.

«Nous avons voulu être propriétaires des murs, explique Philippe Burrin, le directeur de l’IHEID. Nous avons pris le risque de la construction et de son montage financier.» Les collectivités publiques ont subventionné le projet, mais sans que cela se traduise en droit de propriété. Le projet aura coûté 212 millions de francs. Le montage financier a été rendu possible par la garantie de loyers payés par les trois centres de la Confédération hébergés dans la Maison de la paix.

Ces trois organisations sont le Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP), le Centre international de déminage humanitaire (GICHD) et le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF). Ce dernier n’emménagera qu’en début d’année prochaine.

Le bâtiment est plus grand de deux pétales qu’initialement projeté. L’IHEID voulait en effet accueillir davantage d’organisations et donc de locataires. Cette extension s’est faite sans soutien public. L’ONG Interpeace et le World Business Council for Sustainable Development, qui réunit les plus grandes entreprises mondiales, rejoindront aussi la Maison de la paix. «Nous n’accueillons que des organisations à but non lucratif et actives dans le domaine international», poursuit Philippe Burrin. Il ne reste que quelques centaines de mètres carrés encore disponibles.

«Conférence Mandela»

Le fait de partager le même toit doit faire naître davantage de projets communs. Comme des événements publics. Le directeur de l’IHEID annonce une «conférence Nelson Mandela» avec, chaque année, le lauréat du Prix Nobel de la paix ou la création d’une plate-forme de collaboration sur la cybersécurité.

Seule ombre au tableau, certains étudiants ont prévu de manifester lors de l’inauguration ce vendredi. Ils protestent contre l’augmentation «vertigineuse» des taxes d’études. Celles-ci passeront de 3000 à 5000 francs par année pour les résidents genevois et de 5000 à 8000 pour les étudiants étrangers.

«Ce mouvement est le fait d’une minorité qui n’est pas représentative, pointe Philippe Burrin. Ce n’est pas en essayant de perturber l’inauguration qu’ils seront mieux entendus.» Le directeur défend cette augmentation, qui permet de financer des bourses pour les étudiants étrangers et d’augmenter leur diversité. Les étudiants soulignent au contraire que les taxes d’études ne représentent que 5% du budget de l’IHEID et que cet argent pourrait être trouvé ailleurs. Le conseil de fondation de l’institut recevra les étudiants à la fin du mois d’octobre et se penchera à nouveau sur la question en novembre.

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