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Lilian Uchtenhagen à Berne en 1983.
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Carnet noir

Lilian Uchtenhagen s'est éteinte peu avant Amélia Christinat, deux figures féministes disparaissent

Première femme candidate au Conseil fédéral en 1983, Lilian Uchtenhagen est décédée mardi, un jour avant sa camarade de lutte genevoise Amélia Christinat

Deux ferventes représentantes du combat féministe en Suisse viennent de s'éteindre successivement. Mercredi, on apprenait le décès de la socialiste genevoise Amélia Christinat à l'âge de 90 ans. Or, jeudi, le décès, survenu mardi, un jour avant son 88ème anniversaire, de sa camarade de lutte Lilian Uchtenhagen a été annoncé.

Lilian Uchtenhagen, la première candidate au Conseil fédéral

La socialiste zurichoise avait été la première femme candidate au Conseil fédéral. C'était en 1983. Son parti l'avait proposée pour succéder au Soleurois Willi Ritschard. Amélia Christinat défendaient la candidature de sa camarade zurichoise avec une ardeur sans limite. Mais cela se révéla insuffisant. Le passé très engagé de Lilian Uchtenhagen déplaisait à la droite, qui s'est mobilisée pour lui barrer la route. Lors d'une opération restée secrète jusqu'au matin de l'élection, elle avait pris l'initiative de solliciter le Soleurois Otto Stich, qu'elle était allée ressortir de sa retraite politique. C'est lui qui fut élu le 7 décembre 1983, déclenchant un véritable séisme au Parti socialiste.

Lire ce retour sur cette véritable «nuit des longs couteaux».

Amelia Christinat, coup d'éclat dans un congrès

Amélia Christinat fut l'une des premières à demander que le PS se détourne du Conseil fédéral. Un congrès extraordinaire fut convoqué en février 1984. Lors de cette séance houleuse, Amélia Christinat s'était enflammée pour que les deux conseillers fédéraux socialistes, Otto Stich et Pierre Aubert, démissionnent du gouvernement et que le PS entre dans l'opposition. Les délégués refusèrent à une courte majorité de la suivre.

Lire aussi: Adieux émus à Amélia Christinat, la Pasionaria de Genève

Dix ans après l'échec de Lilian Uchtenhagen, le même scénario faillit se reproduire, mais le PS réagit différemment. En 1993, ce même parlement refusa d'élire Christiane Brunner pour remplacer René Felber, qui avait pris le relais de Pierre Aubert en 1988. Mais l'affaire Uchtenhagen avait laissé des traces. Elu à la place de la Genevoise, Francis Matthey fut contraint par son parti de refuser son élection et de laisser la place à Ruth Dreifuss.

Au National pendant 20 ans

Née à Olten en 1928, Lilian Uchtenhagen avait fait des études de sciences politiques à Bâle et à Londres. Féministe convaincue tout comme Amelia Christinat, elle avait été très active au sein des associations féminines à Zurich et sur le plan suisse. Elle avait fait partie du comité directeur de l'Association pour le suffrage féminin de 1957 à 1973.

Elle fut l'une des dix premières femmes élues au Conseil national après l'introduction du suffrage féminin en 1971. Elle y siégea vingt ans. Ce n'est qu'en 1991, soit huit ans après son échec, qu'elle se retira de la vie politique. Après son retrait, elle a présidé le conseil d'administration de Coop Zurich et Swissaid.

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