Faut-il soumettre toutes les vaches abattues à un test de dépistage des agents de la maladie de la vache folle? L'idée peut paraître séduisante. En réalité, les limites de sensibilité des tests disponibles (en Suisse, celui de la firme Prionics) rendent cette mesure très peu efficace. Seule une faible proportion des animaux porteurs de la maladie (30% environ) serait identifiée par ce moyen, le reste passant entre les mailles du filet.

«La durée d'incubation de l'ESB est de 4 à 6 ans, explique Heinz Müller, porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral (OVF). Les tests disponibles ne permettent de détecter les prions pathogènes dans la cervelle des animaux que trois ans après l'infection, c'est-à-dire quelques mois seulement avant l'apparition des premiers symptômes physiques. Le dépistage systématique procurerait une fausse impression de sécurité.»

Seuls quelques organes d'un animal porteur de la maladie contiennent des prions, dangereux pour l'homme: le cerveau, la moelle épinière et certains abats. Les scientifiques n'en ont par exemple jamais découvert dans le muscle. «La Suisse a retiré les organes incriminés de la chaîne alimentaire en 1990, note Heinz Müller. Le contrôle de cette prescription et la surveillance des méthodes d'abattages, protègent efficacement le consommateur.»

Les partisans d'un dépistage systématique relèvent que celui-ci permettrait de détecter les animaux les plus contaminés. Selon eux, les 30% d'animaux qui seraient ainsi indentifiés contiendraient 90% des prions. Mais ceux-ci restent cantonnés, à moins d'une contamination lors du dépeçage, à des organes qui sont exclus du marché.