«Il était clair que nous ne partions pas de Libye sans Max Göldi», a assuré la cheffe de la diplomatie suisse lors du Club de la presse diplomatique. Pourtant, la délégation suisse a été «jusqu’à la dernière minute» dans l’incertitude en attendant le visa libérateur pour l’otage suisse. Même après avoir été reçue sous la tente du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avec lequel elle n’a pu aborder directement la crise, Micheline Calmy a eu des doutes.

Elle a toutefois estimé que la présence dimanche à Tripoli du ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, du chef du gouvernement Silvio Berlusconi ainsi que de plusieurs diplomates de haut rang allemands et européens ont contribué à une issue positive en mettant la pression sur le colonel Kadhafi.

Les nerfs de la délégation suisse ont ainsi été mis à rude épreuve, a dit Mme Calmy-Rey, qui n’a pas caché «l’énorme soulagement et relâchement» éprouvé par ses collaborateurs et elle-même lors de leur arrivée à l’aéroport de Zurich avec Max Göldi. Selon elle, la stratégie adoptée par le Conseil fédéral a bel et bien porté ses fruits: «Cela a pris plus de temps que prévu mais cela aurait aussi bien pu durer encore plus longtemps», a souligné Mme Calmy-Rey.

Pas de compensation de 1,5 million

Interrogée sur le versement à la Libye d’une compensation de 1,5 million d’euros par le canton de Genève pour la publication dans la «Tribune de Genève» de deux photos d’identité d’Hannibal Kadhafi prises lors de son arrestation en juillet 2008, ce qu’avait affirmé dimanche son homologue libyen Moussa Koussa au cours d’une conférence de presse conjointe à Tripoli, Mme Calmy-Rey a exclu qu’une telle indemnité ait été versée. Un peu plus tôt dans la journée le Conseil d’Etat genevois avait également démenti cette information.

«Je n’ai jamais entendu cela. Ou alors il y a eu erreur dans ma traduction. M. Koussa a parlé de compensation, sans donner de montant», a assuré la conseillère fédérale.

Le plan d’action signé le 14 mai entre Berne, Tripoli et les médiateurs européens prévoit que les personnes à l’origine de la fuite des photos et de leur publication soient traduites en justice. Si les coupables ne peuvent être identifiés, le gouvernement suisse devra verser des compensations à Hannibal Kadhafi, «pour un montant convenu par les deux parties».