Démocratie directe

L’indigeste menu que les citoyens genevois doivent avaler

Le 19 mai, les Genevois voteront, en plus du scrutin fédéral, sur pas moins de neuf objets cantonaux. Une pléthore symptomatique des blocages politiques que connaît le canton

Onze objets de votation, dont neuf cantonaux, une brochure explicative de 200 pages postée sous deux plis séparés: le menu des votations du 19 mai à Genève est gargantuesque. Ouverture des magasins le dimanche, plafonnement des primes d’assurance maladie, politique culturelle, il y en a pour tous les goûts. Au-delà de leur nombre, certains de ces sujets rivalisent de complexité, que l’on pense à la réforme cantonale de l’imposition des entreprises (RFFA) ou au financement de la caisse de pension des fonctionnaires (CPEG). Les Genevois ne risquent-ils pas une overdose de démocratie?

«Idéalement, il faudrait éviter un tel embouteillage», estime le politologue Pascal Sciarini, qui précise que cette accumulation reste assez inédite. Face à une telle abondance, on peut imaginer que de nombreux électeurs renonceront à se faire leur propre opinion et s’en remettront à un parti qui leur est proche. La démocratie ne sera-t-elle pas biaisée? «Beaucoup vont certainement opter pour des raccourcis d’information, les mots d’ordre des partis ou ceux du Conseil d’Etat, mais ce n’est pas une mauvaise chose en soi.»