Valais

L’infidélité de Christophe Darbellay empoisonne la campagne valaisanne

L’enfant adultérin du candidat PDC au Conseil d’Etat agite le Valais. Sans forcément menacer son élection, l’affaire coûtera des voix à Christophe Darbellay

Face aux journalistes du «Blick», il a sans doute opté pour la stratégie du moindre mal. Père d’un enfant adultérin depuis quelques jours, Christophe Darbellay a choisi d’avouer publiquement une infidélité qu’il ne lui était plus vraiment possible de cacher. Désormais, elle s’affiche dans les médias et sur les réseaux sociaux, où elle est très commentée. Lui se mure dans le silence, en attendant de voir si son mea culpa à l’américaine suffira à se faire pardonner des électeurs Valaisans.

Lire aussi: Christophe Darbellay demande pardon à ses électeurs

En mars prochain, Christophe Darbellay devrait disputer à Oskar Freysinger la première place de l’élection au gouvernement valaisan. Pour ceux qui combattent le ministre UDC, l’histoire semble se répéter. Quatre ans après le caillou turc que le commandant Varone avait eu la mauvaise idée d’emmener dans la campagne, l’ancien président du PDC se présentera face aux électeurs avec un enfant illégitime dans les bras. Depuis dimanche, cette histoire agite le Valais. Elle pourrait empoisonner durablement les débats.

L’adultère de Christophe Darbellay est d’autant plus embarrassant qu’il a fait du parti démocrate chrétien l’incarnation de la famille, défendant systématiquement une vision traditionaliste du mariage. A plusieurs reprises, il a posé devant les photographes en compagnie de ses enfants et de son épouse, aujourd’hui candidate au conseil municipal de Martigny-Combe. Ses détracteurs ne manquent pas de relever l’incohérence qui sépare manifestement ses actes et son discours. Il devra désormais peser ses mots à chaque fois qu’il évoquera les valeurs chrétiennes dont il se réclame.

Lire également: Quand un enfant devient une «grave erreur»

Tous les conservateurs ne lui pardonneront pas

En Valais, Christophe Darbellay n’a jamais eu les faveurs de l’aile la plus conservatrice de son parti. En avril dernier, il a poussé le ministre sortant Maurice Tornay à s’effacer pour lui faire une place au gouvernement. Même en musclant son discours de droite, il peine à faire oublier le chrétien-social qu’il a été. Tous ses vieux ennemis ne lui pardonneront pas ces révélations gênantes. Elles lui coûteront sans doute des électeurs dans un Haut-Valais très conservateur, où il avait pour habitude de récolter de précieuses voix.

Il reste en adéquation avec certaines valeurs du PDC

Pour l’instant, Christophe Darbellay bénéficie du soutien de son parti. Le président Serge Métrailler ne l’accable pas: «En reconnaissant son erreur et en assumant les conséquences, il reste en adéquation avec certaines valeurs du PDC». Plusieurs parlementaires démocrates chrétiens estiment que cette histoire affectera plus sérieusement sa vie privée que sa carrière politique. En refusant le débat moral, ils insistent sur la qualité de son bilan à Berne et vantent ses qualités, sans douter un instant de son élection.

L’affaire lui colle déjà à la peau

Seul le temps pourra permettre de mesurer toutes les conséquences de cette affaire. Il reste difficile d’évaluer l’impact du vocabulaire de Christophe Darbellay sur l’électorat féminin. Si l’homme est rompu à l’exercice médiatique, ses excuses publiques peuvent sembler inélégantes. Même dans son parti, ils sont nombreux à s’indigner quand il qualifie son enfant de «grave erreur», ou quand il décrit son amante comme «une aventure d’un soir».

Lire aussi: Quand un enfant devient une «grave erreur»

Pour les adversaires politiques de Christophe Darbellay, l’occasion pourrait sembler belle. Mais dans les médias, ils adoptent un comportement de circonstance digne et unanime. Ils refusent de commenter une affaire privée. En aparté, cependant, tous ne cachent pas forcément une sorte de bonheur vengeur. S’ils conviennent qu’instrumentaliser cette information serait contre-productif, ils estiment que l’affaire lui colle déjà à la peau, et qu’elle affaiblira son potentiel électoral.

Moins diplomate, le président de l’UDC Jérôme Desmeules utilise le pluriel pour lancer ce vilain tacle sur les ondes de Rhône FM: «Cette histoire ne regarde que Monsieur Darbellay, sa femme et ses maîtresses». La communication proactive du candidat au gouvernement peut sembler risquée. S’il n’a pas dit toute la vérité sur son aventure extraconjugale, il restera à la merci de futures révélations qui pourraient durablement empoisonner la campagne naissante.

Publicité