Genève

L'informaticien de Mossack Fonseca remis en liberté

Le parquet genevois a ordonné la remise en liberté de l'employé arrêté le 31 mai. Il reste prévenu de vol de données et l’enquête se poursuit

Le Ministère public genevois a ordonné vendredi la remise en liberté de l'informaticien de l'antenne Genevoise de Mossack Fonseca arrêté le 31 mai dernier pour vol de données, a appris Le Temps. Une information confirmée par le porte-parole du parquet, Henri Della Casa, qui précise que «les investigations forensiques se poursuivent», sans faire plus de commentaire. Agé de 57 ans et au service de l'étude d'avocat depuis une vingtaine d'années, l'informaticien devrait être libéré dès vendredi soir mais reste en prévention.

Selon les termes de l'ordonnance de mise en liberté, que Le Temps a pu consulter, il est prévenu de «soustraction de données, accès indu à un système informatique, détérioration de données, utilisation frauduleuse d'un ordinateur, service de renseignements économiques, vol, violation du secret professionnel et infraction à la loi fédérale sur les banques.»

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Mossack Fonseca, la firme au coeur du scandale des Panama Papers avait porté plainte après avoir repéré qu’un volume important de données auraient été soustraites d’un serveur panaméen depuis le poste genevois de cet employé. Du matériel informatique a été saisi sur son lieu de travail et à son domicile. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs de la police judiciaire travaillent sur «un volume colossal de données, dont l’examen durera des semaines». L'ordonnance de mise en liberté précise qu'une audition conduite jeudi dans les locaux de la police «n'a pas permis de confirmer les soupçons qui fondaient jusqu'alors le risque de collusion». Pour éviter le risque de fuite, jugé «peu prononcé», l'informaticien a dû déposer son passeport.

Contacté, l’avocat de Mossack Fonseca, Thierry Ulmann, «se réjouit que l’enquête progresse, sachant que toutes les hypothèses restent ouvertes». Une question s’est en effet posée à l’annonce de l’arrestation de cet informaticien: pouvait-il s’agir du fameux «John Doe», la source des Panama Papers? La chronologie des événements - les faits allégués dans la plainte de Moassack Fonseca se seraient déroulés après les révélations des médias internationaux - semble indiquer que la réponse est non.

Depuis son arrestation, l’employé conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Sa remise en liberté est intervenue sur demande de ses avocats, Thomas Barth et Romain Jordan. «Nous sommes très satisfaits que le procureur ait accédé à notre demande, déclarent-ils. La détention de notre client ne reposait sur aucun fondement.»

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