Des adversaires du deuxième tube du Gothard jugent trompeuse la question posée aux électeurs. Elle est ainsi libellée: «Acceptez-vous la modification du 26 septembre 2014 de la loi fédérale sur le transit routier dans la région alpine (Réfection du tunnel routier du Gothard)?» Quelques citoyens ont déposé recours contre cette formulation, qui, pourtant, n’a jamais été contestée durant les débats parlementaires.

Elle est la même depuis le début. Et il est difficile de croire que les citoyens ignorent que la solution retenue consiste à creuser un second tunnel à côté de l’ancien afin d’assainir celui-ci. Les opposants eux-mêmes déploient une telle énergie à le faire comprendre que cela semble clair.

Qu’en dit le comité de l’Initiative des Alpes? «Nous critiquons la manière dont la question est formulée, mais n’entreprenons aucune démarche juridique et préférons nous battre sur le terrain politique», répond son président, Jon Pult. Il rappelle que Regula Rytz, membre du comité de l’Initiative, a interpellé le Conseil fédéral à ce sujet. Mais c’était en septembre 2015, soit un an après que le parlement eut terminé l’examen du projet. Le Conseil fédéral a alors répondu que le libellé retenu était conforme à la «jurisprudence» et à la «doctrine».

Sur le terrain politique, le comité de l’Initiative des Alpes souhaite apporter la preuve que la solution de rechange qu’il défend est jouable. Il s’agit de transporter les véhicules par le rail pendant l’assainissement du tunnel routier. Il a présenté lundi l’étude d’un conseiller en planifications ferroviaires, Heinz Pulfer.

L’expert calcule que l’augmentation de la capacité ferroviaire qu’offrira la mise en service du nouveau tunnel ferroviaire suffira à réduire le nombre de camions d’un million actuellement à 650 000 par an comme l’exige l’article constitutionnel voté en 1994.

L’aménagement d’installations de chargement à Erstfeld (UR) et à Biasca (TI) devrait permettre de charger 425 000 camions sur le train. A cela, Heinz Pulfer ajoute une capacité théorique de 282 000 camions qui traverseraient toute la Suisse de Bâle à Chiasso embarqués sur des wagons, ce qui fait une capacité totale théorique de 707 000 poids lourds. S’ils sont calculés différemment, ces chiffres ne sont guère éloignés de ceux de l’Office fédéral des routes (Ofrou). Mais ils ne prennent pas en compte la faisabilité des quais de chargement eux-mêmes.