Les Suisses seraient-ils moins attachés à la détention de leur arme militaire à la maison que ne veulent le croire les tenants de la tradition? La question est en tout cas permise. Car le premier sondage rendu public avant le scrutin du 13 février prochain a de quoi inquiéter les adversaires de l’initiative contre les armes. Celle-ci récolterait pour l’heure 45% des suffrages, seuls 35% des personnes interrogées déclarant la rejeter, selon un sondage Isopublic réalisé la semaine dernière auprès de 1004 personnes pour le SonntagsBlick. Mais les indécis sont encore 21% et la marge d’erreur sur les résultats du sondage est de 3,2%, précise l’hebdomadaire dans son édition de dimanche.

Sans surprise, c’est parmi les électeurs votant à gauche et les femmes que l’initiative obtient le meilleur score. Parmi les sondés, les électeurs du PS sont 77% à approuver le texte soumis au vote populaire, contre 8% seulement à le combattre. Dans l’ensemble, les femmes voteraient l’initiative à 52% (24% la rejettent), alors que les hommes l’approuvent à 42% contre 39. La droite, elle, serait plus divisée qu’il n’y paraît. La base démocrate-chrétienne ne suivrait pas les mots d’ordre du parti, puisque 41% de ceux qui déclarent voter PDC sont pour l’initiative, 39% contre.

Les Romands plus favorables

Les classes d’âge élevées, réputées plus conservatrices sur des thèmes de ce genre, seraient paradoxalement celles qui se montreraient les plus favorables à la conservation de l’arme personnelle à l’arsenal. Les personnes interrogées de plus 54 ans sont 47% à approuver l’initiative, une proportion qui diminue à 46% chez les 35 à 54 ans, et à 40% chez les 18 à 34 ans. Un écart entre les villes et le reste du pays est également perceptible. 50% des citadins sont favorables à l’initiative et 29% la rejettent, alors qu’en dehors des agglomérations, 45% des personnes interrogées y sont opposées, 35% l’approuvent. Les Romands se montrent plus réceptifs à l’initiative que les Alémaniques (50% contre 43%).

A cinq semaines de la votation, les tireurs n’entendent plus se placer en première ligne dans la campagne. C’est du moins ce qu’affirme dans la NZZ am Sonntag la présidente de la Fédération sportive suisse de tir Dora Andres. La libérale-radicale bernoise rappelle qu’une telle tactique est conforme avec ce qui était prévu. Les partis du centre droit doivent désormais prendre le relais, sous peine que le tir sportif et ses adeptes n’apparaissent comme le seul enjeu de cette votation. La Conférence suisse des commandants de police doit prendre position cette semaine, mais on la sait très ­divisée.