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L’initiative demande une augmentation de 10% de l’AVS. (Keystone)
© MARTIAL TREZZINI

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L’initiative AVS plus expliquée en trois minutes

Le 25 septembre, les Suisses se prononceront sur une augmentation de 10% des rentes AVS. Mais d’où viendrait l’argent? Explications

L’initiative AVS plus est simple. Elle demande que les rentes AVS soient augmentées de 10% pour tous les bénéficiaires.

◼ A combien se montent les rentes AVS actuellement?

La rente de vieillesse complète minimale se monte à 1175 francs par mois, la rente maximale à 2350 francs. C’est très peu pour vivre (le seuil de pauvreté est fixé à 2219 francs pour une personne seule), c’est pourquoi les retraités comptent essentiellement sur leur deuxième pilier. Mais à cause de la conjoncture économique, ce dernier se détériore. De plus, de nombreux retraités, surtout des femmes, ne touchent que l’AVS.

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◼ Comment serait financée cette augmentation?

Le texte de l’initiative ne le dit pas. Cependant, les initiants suggèrent d’augmenter de 0,8 point la cotisation salariale des travailleurs. Cette augmentation serait répercutée pour moitié sur les cotisations payées par l’employé et pour moitié sur celles de l’employeur.

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◼ Quels sont les arguments en faveur de l’initiative?

Cette augmentation des rentes AVS est la bonne réponse à la détérioration du deuxième pilier. Le taux de cotisation à l’AVS n’a pas augmenté depuis 1975 et se situe à 8,4%. Il s’agit d’une institution solidaire, efficace et plus solide que le 2e pilier.

Les coûts induits par l’initiative seront supportables pour l’économie si l’on tient compte du fait que, globalement, les charges des employeurs ont diminué ces quinze dernières années. Une augmentation de 0,4 point de la cotisation salariale à l’AVS pour l’employé et pour l’employeur permettra à tous les retraités de toucher une rente nettement plus confortable, soit en moyenne 2400 francs de plus par an pour les personnes qui vivent seules et 4200 pour les couples mariés. Seule l’AVS peut offrir un si bon rapport prestations/prix.

En outre, la Constitution stipule que les rentes de l’AVS doivent «couvrir les besoins vitaux d’une manière appropriée». Ce qui n’est plus le cas. C’est pourquoi 12,4% des retraités font appel aux prestations complémentaires.

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◼ Quels sont les arguments contre?

Les comptes de l’AVS sont aujourd’hui équilibrés. Mais ces prochaines années, l’assurance va devoir faire face au départ à la retraite des baby boomers des années 50 et 60, ce qui risque de la plonger, si aucune mesure n’est prise, dans des déficits annuels allant jusqu’à 7 milliards de francs d’ici à 2030. Face à cette situation, le Conseil fédéral a lancé la réforme «Prévoyance vieillesse 2020», qui a pour but de combler les déficits prévus de l’AVS tout en maintenant le niveau des rentes.

En outre, la hausse des rentes promise par l’initiative ne profitera pas aux revenus modestes car elle sera neutralisée par la baisse des prestations complémentaires. En effet, les rentiers peuvent compléter leur revenu par des prestations complémentaires, des aides au logement ou au paiement des primes d’assurance-maladie. En augmentant l’AVS de 10%, certains dépasseraient du coup le seuil qui donne droit à ces aides. Pour deux tiers des personnes qui ont recours aux prestations complémentaires, l’initiative ne changerait rien (car ils perdraient en aide ce qu’ils toucheraient en AVS). Et pour 7% d’entre elles, la situation se détériorerait du fait qu’elles n’auraient plus droit aux prestations complémentaires. Il faut aussi relever que l’AVS est imposée, mais pas les prestations complémentaires.

◼ Qui soutient cette initiative?

Les syndicats et les grandes organisations de salariés du secteur public, les organisations de retraités FARES et AVIVO ainsi que le Parti socialiste, les Verts, la Jeunesse socialiste et les Jeunes Verts.

Lire aussi: Comment s’offrir une retraite sans AVS ni 2e pilier?

◼ Qui s’y oppose?

Le parlement a très largement rejeté cette initiative. Le Conseil fédéral s’y oppose aussi. Les milieux patronaux également, en argumentant qu’une augmentation des charges conduirait à des licenciements.

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