L’Association suisse pour la protection du climat a lancé ce jeudi son «initiative pour les glaciers». Son but: interdire les énergies fossiles en Suisse à partir de 2050. «Le défi est grand, mais il grandit chaque jour davantage», a mis en garde le journaliste indépendant Marcel Hänggi, père fondateur du mouvement. Son initiative tombe à pic, le changement climatique n’a jamais autant mobilisé. Les soutiens affluent d'ailleurs en nombre, même de droite.

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«Les politiciens n’ont pas été à la hauteur»

Fondée en août dernier, l’association visait à faire planer la menace d'une future initiative pour mettre la pression sur le parlement avant qu'il ne délibère sur la mise en oeuvre de l’Accord de Paris. Pour rappel, la Suisse s'est engagée à diminuer ses émissions de 50% d’ici à 2030 par rapport à 1990 et à atteindre la neutralité climatique dès 2050. Cela n’a pas marché. En décembre dernier, l’UDC s’opposait à toute mesure de protection et les socialistes, les Verts et les Vert’libéraux rejetaient un projet qu’ils estimaient «vidé de sons sens par la majorité de droite». Par 92 voix contre 60 (43 abstentions), le Conseil national finissait par torpiller la loi sur le CO2. «La goutte d'eau», pour le comité d’initiative, qui a décidé de prendre les devants.

«Le texte de l’initiative est en cours de vérification à la Chancellerie fédérale», explique Marcel Hänggi. Toutefois pas de temps à perdre: les membres du comité s’assurent déjà d’obtenir les 100 000 signatures nécessaires par l’intermédiaire de la plateforme WeCollect. Déjà utilisée par les référendaires contre la loi sur les jeux d’argent ou par les initiants pour des soins infirmiers forts, elle permet de s’assurer que 80% des paraphes nécessaires seront récoltés en convainquant 20 000 personnes de s'engager de manière informelle à en récolter quatre chacune. La véritable collecte débutera une fois ce palier atteint, «à partir de fin avril» espèrent les initiants. Ils pourraient toutefois ne pas avoir à attendre si longtemps: leur page WeCollect comptait déjà plus de 7000 soutiens jeudi soir.

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Une cause qui dépasse les lignes partisanes

Les réformes nécessaires concerneraient avant tout les bâtiments, les véhicules et l’industrie, met en avant le comité, pour qui «l’effort demandé aux citoyens serait minime». L’argument a sans surprise séduit la gauche politique et le mouvement en pleine expansion des jeunes suisses en grève pour le climat, dont une nouvelle manifestation est prévue ce samedi.

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Toutefois des milieux plus traditionnels rejoignent également le train en marche. A l’instar du sénateur Stefan Engler (PDC/GR) ou de son collègue Ruedi Noser (PLR/ZH), des poids lourds de la politique fédérale se laissent convaincre, même dans le camp bourgeois. «Cette initiative ne demande rien de plus que de respecter les engagements pris par la Suisse à Paris en 2015, souligne Ruedi Noser. Avec nos capacités de recherche et d’innovation, cela me paraît faisable.»

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