Son lancement avait été annoncé pour l’automne dernier déjà. Puis pour le début de cette année. Finalement, l’initiative populaire dite pour «le choix de l’école pour tous» ne verra pas le jour dans le canton de Vaud. Du moins pas à court terme. C’est ce qu’a indiqué au Temps Susanne Bergius, présidente de la section vaudoise de Lobbyparents.ch.

Le canton de Vaud aurait été la première étape romande d’un combat que l’Association Lobby Parents mène dans plusieurs cantons alémaniques. Mais les partisans du chèque scolaire ont visiblement tiré les conséquences du récent échec populaire subi à Bâle-Campagne et du manque général de soutien politique dans le canton de Vaud. Le projet d’initiative se transforme en simple pétition, dont le lancement est annoncé «tout prochainement». Voilà qui éclaircit un peu l’horizon d’Anne-Catherine Lyon, la cheffe du Département de la formation et de la jeunesse. La magistrate socialiste s’est clairement déclarée opposée à toute idée de chèque scolaire, au nom d’une certaine idée de l’école républicaine et de la cohésion sociale.

Le Temps: Pourquoi renoncer à lancer une initiative cantonale?

Susanne Bergius: Nous n’y renonçons pas définitivement, mais privilégions la pétition. Actuellement, avec la refonte de la loi scolaire en cours, le moment est particulièrement propice pour faire entendre les besoins de parents d’un véritable libre choix de l’école sans barrières bureaucratiques et financières. Pour nous, le choix entre les établissements de l’école publique n’existe pas, car l’enclassement se fait selon le lieu de domicile tandis que le choix d’autres écoles est limité, car il dépend du pouvoir financier d’une famille.

– Les résultats à Bâle-Campagne d’une initiative similaire largement refusée par les citoyens a-t-il pesé dans votre décision?

– Nous avons analysé ce résultat et tiré quelques conséquences. Mais la décision de lancer une pétition dans le canton de Vaud est déterminée par la situation locale. Si nous lancions tout de suite une initiative, ce serait dans l’idée que de toute façon notre revendication ne serait pas considérée dans l’actuelle révision de la loi. Ce ne serait pas le bon moment puisqu’elle se trouverait, lors de la votation populaire, face à une forte concurrence avec la nouvelle loi scolaire et plusieurs autres initiatives autour de l’école (Ecole 2010, horaire continu), ce qui risque de créer une certaine confusion.

– Quel poids peut avoir une pétition auprès des autorités cantonales, sachant qu’Anne-Catherine Lyon est par principe farouchement opposée à votre idée?

– Lancer une pétition maintenant laisse une chance aux autorités de considérer les besoins des citoyens sans y être contraintes. L’initiative viendrait ensuite, s’il n’y a pas de suite à la pétition. Pendant tout ce temps, l’idée du libre choix de l’école continuera à faire son chemin. Ce sujet ne pourra plus être balayé, il reviendra sur la table. Une initiative vient d’aboutir en Thurgovie, la récolte de signatures est en cours à Soleure, nous sommes sur le point d’en lancer à Zurich et à Bâle-Ville, à Bâle-Campagne on recommence!