L’initiative populaire fédérale «Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire» a été lancée par les Verts en 2011, après l’accident de Fukushima.

Que dit l’initiative?

L’initiative veut interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires et surtout, elle exige que les centrales soient fermées après 45 ans d’activité. Elle veut également que la Confédération agisse pour limiter la consommation d’énergie, pour améliorer l’efficacité énergétique et pour promouvoir les énergies renouvelables. Lire le texte ici.

Quelle est la situation énergétique en Suisse?

La Suisse compte cinq centrales nucléaires, qui produisent près de 40% de l’électricité du pays.

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Si l’initiative est acceptée, les centrales de Beznau 1 et 2 et celle de Mühleberg (datant de 1969, 1971 et 1972) devront être mises hors-service en 2017, celle de Gösgen, en 2024, et celle de Leibstadt, en 2029. Les trois centrales les plus vieilles produisent environ 13% de l’électricité suisse.

Et la Stratégie énergétique 2050?

Il s’agit de la stratégie élaborée par le Conseil fédéral. Elle interdit elle aussi la construction de nouvelles centrales, mais elle ne fixe pas de calendrier pour la mise à l’arrêt des centrales existantes.

Qui soutient l’initiative?

Les Verts et le Parti Socialiste.

Qui s’y oppose?

L’UDC, le PLR et le PDC.

Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de rejeter l’initiative. Le Conseil national a rejeté l’initiative par 134 voix contre 59 et 2 abstentions, le Conseil des États par 32 voix contre 13 et 0 abstention.

Les arguments pour

Il est possible de compenser la perte de l’énergie produite par les centrales nucléaires par des énergies renouvelables.

Le Parlement veut inscrire l’interdiction de nouvelles centrales dans la loi, mais ne prévoit pas l’arrêt des anciennes centrales nucléaires. Mais c’est de celles-ci que vient le danger d’un accident.

Les besoins en énergies renouvelables seront source d’opportunités pour les entreprises et d’emplois nouveaux et durables.

Les centrales nucléaires suisses sont anciennes (Beznau 1 est la plus vieille centrale encore en activité au monde).

Un accident serait très grave au vu de la densité de la population.

Un calendrier de sortie du nucléaire offre aux particuliers comme aux entreprises la sécurité dont ils ont besoin pour investir dans le développement des énergies renouvelables.

Il n’y aurait pas besoin de beaucoup dédommager les exploitants des centrales nucléaires car ces derniers vendent actuellement l’électricité à perte puisque le prix est très bas.

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Les contre

La Suisse ne serait pas en mesure de produire dès 2017 des énergies renouvelables en quantité suffisante pour compenser la fermeture des trois premières centrales. Elle devrait donc augmenter ses importations d’électricité – une électricité souvent produite par des centrales nucléaires, à gaz ou à charbon en France, en Allemagne et en Italie. Cela augmenterait l’empreinte carbone de la Suisse et aggraverait sa dépendance énergétique.

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La surveillance de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire veille sur la sûreté des centrales suisses. Il n’y a donc pas lieu de fermer prématurément les centrales.

Une augmentation massive des importations d’électricité risque de provoquer une surcharge du réseau, il faudrait renforcer rapidement l’infrastructure électrique.

Les exploitants ne pourraient plus amortir les investissements qu’ils ont réalisés sur la foi de la réglementation en vigueur et pourront donc demander des indemnisations à hauteur de plusieurs milliards de francs.

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