Votations

L’initiative «Sortir du nucléaire» refusée par un petit Röstigraben

Le texte des Verts a été refusé par la majorité des cantons et du peuple, à 54,2%. Seules quelques régions romandes et Bâle l’ont approuvé

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Ce dimanche, les citoyens amateurs de votations ont commencé la matinée en apprenant que la commune de Leibstadt avait voté à 90% contre l’initiative dite «Sortir du nucléaire». Le résultat n’avait rien d’étonnant, sachant l’attachement de la petite ville à son moteur économique local; mais il a ainsi ouvert le bal des votes en ce dimanche de scrutin fédéral.


Les résultats

L’initiative des Verts a donc été rejetée par la majorité des cantons et du peuple. Elle a été rejetée par 54,2% des suffrages. Seuls quelques cantons romands et Bâle-Ville ont soutenu le texte. Le scénario d’une acceptation populaire mais d’un refus des cantons, qui était évoqué en fin de campagne, ne s’est clairement pas réalisé.

Selon les résultats définitifs, seuls Genève, Vaud, Neuchâtel, le Jura et les deux Bâles disent oui.

Le Valais a dit non à 53,3%, Fribourg à 52%. Tous les autres cantons alémaniques rejettent le texte. Le refus est de 60,5% dans le canton de Soleure, où se trouve la centrale de Gösgen, de 63% dans celui d’Argovie, qui abrite les deux centrales de Beznau et celle de Leibstadt.

Le Röstigraben est donc relatif, mais le résultat s’inscrit dans une grande constance: les cantons romands sans le Valais et Fribourg, mais avec Bâle-Ville, sont les plus sceptiques face au nucléaire.

A ce sujet: Les Suisses sont attachés au nucléaire, et hostiles aux déchets


Quelques réactions

Doris Leuthard, conseillère fédérale, a relevé que la proposition a été repoussée par 1,3 million de personnes, alors qu'environ 1 million a glissé un oui dans l'urne. «Un résultat clair, contrairement à ce que prévoyaient les instituts de sondage.» La population veut quitter le nucléaire au profit des énergies renouvelables, mais veut laisser le temps nécessaire à leur développement, commente Doris Leuthard: «La stratégie énergétique nous donne les instruments pour ce tournant.»

Yannick Buttet, membre du comité contre le texte: «Le fait que le résultat soit serré montre que la Stratégie énergétique 2050 a toutes ses chances. Les Suisses ont voté avec la tête plutôt qu’avec les tripes. Ce non montre simplement qu’ils souhaitent une sortie ordonnée et pas une débandade.»

Céline Amaudruz, coprésidente du comité qui s’oppose à la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral, félicite les Suisses pour leur «réalisme»: «Les auteurs du référendum déposé début octobre sont confortés par le non de dimanche. La suite logique, c’est désormais d’accepter le référendum contre un projet mal conçu.»

Isabelle Chevalley, vice-présidente des Vert’libéraux (favorables à l’initiative), dans un communiqué: «Après le non à l’initiative pour la sortie du nucléaire, la Stratégie énergétique 2050 est le bon instrument pour atteindre l’objectif d’abandon du nucléaire. En outre, il sera crucial d’adopter un concept d’exploitation à long terme sûr pour les centrales nucléaires existantes.»

Daniel Brélaz, conseiller national (Verts/VD): «J’attends du comité des opposants qu’il accepte la taxation des énergies sales qu’il a fortement dénoncées durant la campagne et qu’il soutienne une politique climatique ambitieuse à l’occasion du débat sur la loi sur le CO2 en 2017.»

Lire aussi: Daniel Brélaz: «La Stratégie énergétique 2050 n’est pas menacée»


Rappelons que, outre l’interdiction de nouveaux réacteurs, le texte demandait la fermeture des centrales de Beznau I et II ainsi que de Mühleberg dès l’année prochaine, celle de Gösgen en 2024 et celle de Leibstadt en 2029.


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