Financement de la politique

L’initiative sur la transparence est à la peine

Dans une missive aux camarades, le président du Parti socialiste, Christian Levrat, dit son «souci». La récolte de signatures pour l’initiative interpartis sur la transparence est trop lente

Ce serait un échec cuisant pour des partis rompus à l’exercice de la récolte de signatures et un revers significatif sur un thème tabou en Suisse. L’initiative populaire sur la transparence du financement de la politique est à la peine. Le président du PS, Christian Levrat, vient d’envoyer une lettre aux membres de sa formation, dans laquelle il dit son «souci» . Vice-présidente des Verts, Lisa Mazzone confirme que la «sonnette d’alarme» a été tirée auprès des organisations partenaires.

Nous avons récolté 89 000 signatures pour cette initiative. Nous étions très en retard il y a quelques semaines.

Le délai de dépôt de l’initiative est fixé au 26 octobre. Or il manque 20 000 paraphes au comité d’initiative pour être confortable. «Nous avons récolté 89 000 signatures pour cette initiative. Nous étions très en retard il y a quelques semaines. Rien n’est encore joué, mais depuis lors cela a bien redémarré», précise Gaël Bourgeois, responsable médias et campagnes du PS en Suisse romande.

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L’initiative sur la transparence demande une publication annuelle des comptes des partis, mentionnant l’origine des dons reçus dépassant 10 000 francs. Les sommes engagées dans les campagnes politiques devraient aussi être publiées avant une élection ou un scrutin du moment où elles sont supérieures à 100 000 francs.

Problèmes d’organisation

La Suisse se fait régulièrement taper sur les doigts par le Greco (Groupe d’Etats contre la corruption) pour être le seul pays membre du Conseil de l’Europe à ne pas avoir de loi sur le financement des partis. Toutes les démarches parlementaires récentes visant à encadrer l’argent investi dans la politique ayant fait chou blanc, une initiative populaire a été lancée par une large coalition politique en avril 2016: le PS, les Verts, mais aussi le Parti bourgeois-démocratique, le Parti évangélique et le Parti pirate font front commun.

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Comment expliquer dès lors que la récolte de signatures soit si lente? La vice-présidente des Verts, Lisa Mazzone, évoque des problèmes d’organisation. «L’accueil de ce texte est généralement enthousiaste. Mais, avec une initiative de ce type-là, il faut que cela devienne la priorité des partenaires. C’est la difficulté principale.» Les partis auraient beaucoup à perdre en cas d’échec. Le PS notamment a annoncé investir 180 000 francs – transparence oblige – dans la récolte de signatures.

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