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L'initiative pour une économie verte expliquée en 3 minutes

Le texte demande que la Suisse consomme l'équivalence d'une planète d'ici à 2050. Mais qu'est-ce que cela implique?

Que demande l’initiative?

L’initiative demande que les Suisses consomment en empreinte écologique l’équivalence d’une planète d’ici 2050. Cela veut dire que si toute la population mondiale vivait comme la Suisse, elle n’utiliserait que ce que produit la planète en une année. Aujourd’hui, les Suisses consomment l’équivalent de trois planètes.  Ce calcul a été obtenu par l’organisation à but non lucratif « Global Footprint Network ».

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Comment y parvenir?

L’initiative demande que la Confédération, les cantons et les communes prennent des mesures permettant à l’économie d’utiliser efficacement les ressources et de ménager l’environnement autant que possible.

Pour cela, ils encouragent la recherche, l’innovation, édictent des règles applicables aux processus de production, aux produits et aux déchets, ainsi qu’en matière de marchés publics et prennent des mesures de nature fiscale ou budgétaire.

Les trois quarts de l'empreinte écologique de la Suisse viennent de sa consommation d'énergie fossile et des rejets de carbone qui y sont liés. C’est donc surtout sur l’isolation des bâtiments et les transports que la Suisse devra faire des efforts pour améliorer son empreinte écologique. 

Quels sont les arguments en faveur de l’initiative?

La consommation de ressources en Suisse est aujourd’hui excessive et hypothèque l'avenir des générations futures. Cette situation va encore s’aggraver du fait de l’accroissement démographique et de la croissance économique.

Actuellement, la Suisse est le deuxième plus important producteur de déchets en Europe. A l’heure actuelle, la moitié de ces déchets sont incinérés alors qu’une partie pourrait encore être recyclée.

L’initiative veut inciter à consommer des biens produits localement, comme le bois.

L’initiative encouragerait les entreprises qui travaillent dans le secteur de l’économie verte, comme la production d’énergie renouvelable ou le recyclage.

Il y a trop d’emballages inutiles et les objets sont trop souvent conçus pour une durée de vie limitée.

Le secteur des énergies renouvelables et de l’économie verte représente de nombreux emplois.

La Suisse dispose de 35 ans pour se mettre aux normes. 

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Quels sont les arguments contre l’initiative?

Le Conseil fédéral juge que l’objectif de l'initiative est trop ambitieux et que les mesures à prendre auraient des conséquences négatives sur l’économie.

Des industries qui consomment beaucoup de ressources comme la chimie ou la fabrication des machines pourraient être pénalisées et des emplois disparaître. Selon le président d’economiesuisse, Heinz Karrer, l'initiative provoquerait une décroissance au niveau du pays.

L’indice de l’empreinte écologique présente des défauts parce qu'il ne tient pas compte de tous les facteurs qui entrent en jeu pour un développement durable. 

Les engagements pris par la Suisse à la COP21 lui imposent déjà de fortement réduire ses émissions de CO2. 

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Qui soutient l’initiative?

Les Verts, les verts libéraux, le parti socialiste ainsi que des associations écologistes comme Pronatura ou Greenpeace, ainsi que des syndicats.

Qui s’y oppose?

Le parlement et le Conseil fédéral l’ont rejetée. La droite est contre, de même que les milieux patronaux.

Que disent les sondages?

Lors du dernier pointage de gfs.bern la semaine dernière, l’initiative recevait 51% de oui, mais elle avait perdu 10% d’opinions favorables depuis le premier sondage. L’institut prédit donc un non dans les urnes.

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