Lundi matin, les étudiants reprennent (partiellement) le chemin de l’université, non sans quelques inquiétudes. Les universités romandes ont prévu un enseignement sur un mode hybride entre présentiel et cours à distance. Une immersion sur le site est donc prévue, mais la majorité des cours se fera à la maison. Sur place, les distances devront être respectées, les salles accueilleront moins d’étudiants, les événements sont pour la plupart annulés et le port du masque entre en vigueur.

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Le stress de la rentrée

La rentrée est un pas décisif pour les nouveaux étudiants qui entrent dans le monde académique. Comme le dit le porte-parole de la FEN (Fédération des étudiants de Neuchâtel) Hugo Clémence, «tout se joue sur les premières semaines». La planification des cours, l’inscription aux évaluations, le choix des branches vont s’avérer compliqués à distance. Les craintes majeures sont évidemment le manque de repères et l’inconnu du monde académique. L’aspect social va également cruellement manquer car «l’intégration se fait par le contact humain». Une situation précaire à durée indéterminée qui va laisser les étudiants dans une certaine solitude. «C’est une rentrée assez stressante, dans le sens où on ne connaît pas les profs, ni les lieux, ni les personnes de notre classe et on commence directement avec des cours à distance», témoigne Leslie, future étudiante à la Haute Ecole de santé.

Les côtés positifs de la vie étudiante sont tous mis de côté

Pauline Mottet, secrétaire générale de la FAE

Des inquiétudes surgissent. Les étudiants se demandent si le site fermera de nouveau, quelles seront les modalités d’examen, si cette période va durer… Des questions auxquelles personne ne répond pour l’heure, laissant les jeunes dans un flou total. «Il y a un poids psychologique lourd», assure le représentant de la FEN. Les modalités de cours n’ont été communiquées aux élèves qu’une semaine avant la rentrée. «Les étudiants, comme pour les examens passés, ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés.» Une atmosphère d’incertitude règne encore.

L’enseignement à distance

L’apprentissage à la maison continuera à temps partiel et il divise. Apprécié par les élèves de l’UniNE, il a d’ailleurs eu un impact positif au niveau des résultats d’examens. Les étudiants ont fait la demande de conserver le système d’enregistrement des cours en ligne. A Genève, le mélange hybride semble être la meilleure formule. Les étudiants de Fribourg, eux, semblent plutôt contents de retrouver les auditoires. A l’Unil, retour négatif d’après Pauline Mottet, secrétaire générale de la FAE (Fédération des associations d’étudiants) de l’Université de Lausanne: «Les étudiants ont du mal à garder un rythme et à rester motivés tout un semestre, puis à réviser leurs examens dans les mêmes conditions.» De plus, «les côtés positifs de la vie étudiante sont tous mis de côté».

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Les étudiants ont-ils été entendus?

La crise aurait même permis de redonner un nouveau souffle à la FEN. L’association étudiante s’est fait entendre par sa forte mobilisation, notamment au niveau du rectorat lors de la demande d’autorisation de crédits automatiques. La FEN a été largement soutenue dans cette démarche marquée par de fortes oppositions avec le rectorat. A l’Unil, la FAE salue également l’écoute accordée aux étudiants à l’interne mais dénonce une absence totale du côté du canton et tente toujours d’obtenir une séance avec l’Office cantonal des bourses.

D’autres inquiétudes se feront ressentir mais, pour l’heure, les associations d’étudiants sont attentives à l’égalité des chances et tout sera mis en place pour guider les nouveaux étudiants. Une bonne communication sera essentielle et la solidarité sera le mot d’ordre de cette rentrée.

Quant au port du masque, celui-ci est obligatoire. L’UniNE, l’Unil et l’Unige offrent (en quantités limitées) des masques en tissu ou chirurgicaux. Les gymnasiens, quant à eux, sont dans l’obligation de se procurer des masques jetables à leurs frais.

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