Médias

L’inquiétude est limitée dans les rédactions romandes suite aux annonces d’économies à la SSR

La frugalité imposée à la SSR mènera à la suppression de 60 postes à la RTS. L’espoir de son directeur, Pascal Crittin, est de n’opérer que 20 licenciements

En Suisse romande, les mesures d’économies annoncées par la SSR (100 millions sur quatre ans, soit une estimation de 250 postes supprimés) devraient aboutir à la suppression de 60 postes. L’offre en programmes ne devrait que peu varier. «Nous allons limiter l’impact sur les émissions et les effectifs. Le résultat de la votation sur l’initiative «No Billag» a montré une adhésion forte à nos programmes dans le public. Nous voulons donc les préserver au maximum», souligne Pascal Crittin, directeur de la RTS.

La RTS devra économiser quinze millions par an. Pascal Crittin a détaillé aux collaborateurs de la RTS comment il compte s’y prendre lors de deux séances: jeudi matin à Genève et en début d’après-midi à Lausanne. «Notre volonté est de réduire les effectifs prioritairement par les fluctuations naturelles», nous a-t-il confirmé. Un grand nombre de départs à la retraite sont attendus dans les années à venir. Les collaborateurs qui choisiront de quitter l’entreprise ne seront pas automatiquement remplacés. Si bien que l’espoir du directeur est que la suppression des 60 postes se traduise par 20 licenciements, sur 1872 collaborateurs.

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Le bâtiment Ansermet vendu

L’autre partie des économies se fera sur les investissements et les bâtiments. «Nous visons une réduction de 25% de nos surfaces», dit Pascal Crittin. A Genève, le bâtiment Ansermet (au pied de la Tour) sera vendu. Les activités qui y ont cours (studio de radio, graphisme, promotion) intégreront des locaux déjà occupés par des collaborateurs, qui devront se serrer. A Lausanne, l’immeuble de la radio, à La Sallaz, a déjà été vendu, dans la perspective d’un déménagement sur le campus de l’EPFL. Ce projet a été gelé lors de la campagne «No Billag». «Lorsque le plan financier définitif sera arrêté, cet automne, nous déciderons s’il faut continuer ou abandonner ce projet», dit Pascal Crittin.

Au niveau des investissements, les achats de films et de séries étrangères seront freinés. Les grilles «de rupture» (durant les fêtes et les vacances) seront moins fournies.

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«Pression fantasmagorique»

Au sein du personnel, on est loin de l’affolement. «Depuis le résultat du vote sur «No Billag», la pression fantasmagorique sur les postes a totalement disparu», dit un journaliste. «Il y a une inquiétude générale dans la maison, tempère un collaborateur qui a assisté à la séance de l’après-midi. Mais les journalistes se sentent moins menacés que les cameramen, les preneurs de son, ceux qui sont actifs dans l’opérationnel.»

Ces mesures interviennent alors que la RTS, progrès technologique oblige, est amenée à produire des contenus de manière plus efficace. Le chantier ouvert sur les émissions culturelles, dont les contenus seront destinés à terme aux supports numériques, fait par exemple craindre pour l’avenir d’une chaîne comme Espace 2.

«L’aspect politique de telles annonces reste important, reprend un collaborateur qui travaille à Genève. Il est difficile de faire la part entre ce qui est dit pour rassurer le parlement qui nous est majoritairement hostile et les mesures réellement sanglantes. Nous restons une très grande maison, loin du drame que vit la presse écrite.»

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