La procédure ouverte à la suite de révélations dans les médias de comportements problématiques au sein de la compagnie de danse sédunoise Interface a fait l’objet d’un classement partiel. L’instruction se poursuit contre le fondateur de la compagnie. Dans ce dernier volet, «le Ministère public valaisan doit désormais procéder à l’examen minutieux du résultat des investigations afin de déterminer si des infractions contre l’intégrité sexuelle peuvent avoir été commises» par le prévenu, indique-t-il mardi dans un communiqué. Celui-ci bénéficie de la présomption d’innocence, rappelle-t-il.

La justice valaisanne avait ouvert une instruction contre deux membres fondateurs de la compagnie de danse en janvier 2021 à la suite d’une enquête du Nouvelliste qui dénonçait des dérives – «emprise morale, abus sexuels et exploitation financière» – au sein de la troupe. Le quotidien s’appuyait sur les témoignages de huit anciens collaborateurs qui pointaient en particulier le fondateur de la compagnie. Des allégations «gratuites, sans fondement et attentatoires à l’honneur de mon client», avait répliqué à l’époque son avocat.

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Subventions publiques

Dans la foulée, la ville de Sion avait décidé de geler les subventions qu’elle accordait à la fondation Interface, soit 70 000 francs par an, dont 50’000 francs sous forme de loyer, puis avait résilié à fin 2021 le bail des locaux. La fondation et la compagnie sont deux entités distinctes: la première gère les locaux du théâtre Interface, soit la salle de spectacle et les locaux adjacents; la deuxième constitue la troupe d’artistes en demeure. Ces derniers utilisaient les locaux notamment comme lieu de répétition.

Les nombreuses investigations menées durant l’année 2021 – arrestations, perquisitions, obtention de documents, auditions, ou encore analyses – ont permis d’exclure que les prévenus ou d’autres personnes aient perçu ou utilisé des subventions publiques de manière illicite ou aient contrevenu à leurs obligations sociales, écrit le Ministère public. «Un classement a été prononcé sur ces points».

Un classement a également été prononcé en faveur de la prévenue poursuivie pour les infractions contre l’intégrité sexuelle, faute de soupçon justifiant la continuation de la procédure, ajoute le Ministère public. L’instruction se poursuit en revanche contre l’autre fondateur, prévenu pour les faits à caractère sexuel dénoncés. Les infractions envisagées étaient principalement l’escroquerie et la violation des lois régissant les cotisations sociales pour le volet financier, la contrainte sexuelle (art. 189 CP) et le viol (art. 190 CP) pour les faits d’ordre sexuel.