L’interdiction de la fusion Orange-Sunrise par la Commission de la concurrence (COMCO) a étonné tous les observateurs du marché suisse des télécoms. La Fédération romande des consommateurs (FRC) elle-même s’est dite très heureusement surprise et souligne qu’il s’agit d’une excellente journée pour les consommateurs suisses. «C’est une victoire sensationnelle», s’est réjoui jeudi le secrétaire général de la FRC Mathieu Fleury

Il a exprimé son extrême satisfaction de voir qu’il y a bel et bien une véritable surveillance de la concurrence en Suisse. En cas de fusion, le marché n’aurait plus compté que deux acteurs qui auraient eu tout intérêt à maintenir des prix élevés, a-t-il noté.

«Collectivement»

La FRC est d’autant plus satisfaite que son argument central a été retenu, à savoir «la position dominante collective» qu’auraient eue les deux acteurs du marché à l’issue d’une telle fusion: d’une part Swisscom, d’autre part la nouvelle entité fusionnée. La décision de la COMCO montre qu’il ne suffit pas de tenir compte uniquement de la position dominante d’une seule entité, selon Mathieu Fleury. Pour se prononcer sur les mouvements dans un secteur, il s’agit désormais de considérer la position qu’auront ensemble ses acteurs.

«C’est très intéressant et porteur d’espoir pour les combats futurs», a expliqué le secrétaire général de la FRC. Par exemple dans la distribution, une branche dans laquelle les défenseurs des consommateurs considèrent que le marché est tout aussi déséquilibré avec les deux grands acteurs Migros et Coop.

Il y a certes un risque que cette décision soit remise en question par des recours, à l’image de l’épisode récent d’une amende de Swisscom cassée par le Tribunal administratif fédéral (et contre lequel la COMCO a elle-même fait recours).

Mais la FRC «espère bien que la tendance positive se poursuivra», avec un accroissement de la force de frappe de la COMCO, tel qu’il vient de se manifester – «et ce dans un marché déjà particulièrement statique tel que celui des télécoms».