Les jeunes Vaudois peuvent acheter de l’alcool sans difficultés ou presque. Le taux de vente illégale atteint 85,5%, indique vendredi la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA). Le non-respect de la loi atteint son maximum lors des manifestations festives, sportives ou culturelles.

Les résultats obtenus lors de cette première enquête de la FVA «ne sont pas bons», constate Rose-Marie Notz, chargée de projet, interrogée par l’ats. L’alcool n’est pourtant pas un produit anodin et les adolescents sont particulièrement vulnérables à sa toxicité ainsi qu’aux risques liés à son usage abusif, souligne la fondation.

Résultats inquiétants

De juillet à octobre 2011, la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme a coordonné une campagne d’achats-tests d’alcool. Des jeunes de 14 à 17 ans ont procédé à 385 achats. Un résultat clair s’en dégage: la loi qui interdit la vente de bière et de vin aux moins de 16 ans et d’alcool distillé aux moins de 18 ans n’est que très rarement respectée.

Pour les débits de boisson «à consommer sur place» (cafés, restaurants, bars), le taux de vente illégale est très préoccupant et atteint 93,9%. Le pire résultat a été enregistré lors des manifestations festives: sur 40 achats-tests, les jeunes ont été systématiquement servis alors qu’ils n’avaient pas l’âge requis.

Formation dans la grande distribution

Les chiffres sont meilleurs pour les ventes à l’emporter (grande distribution, petits commerces) avec un taux de vente illégale à 65%, note la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme qui avait été mandatée par le Service vaudois de la santé publique. Les grandes enseignes s’en tirent le mieux avec un taux de 42,5%.

«Même les jeunes qui ont participé à la campagne ne pensaient pas que la loi ne serait pas respectée à ce point», note Rose-Marie Notz. La spécialiste précise que la méthodologie utilisée par la FVA n’est pas la même que celle retenue par la Régie fédérale des alcools (RFA) qui a livré récemment ses propres chiffres nationaux sur cette thématique.

Prendre conscience

Face à ces résultats inquiétants, la FVA a envoyé un courrier aux gérants et aux organisateurs de manifestations pour les informer des conclusions de son enquête. Les autorités communales seront aussi tenues au courant.

Selon la FVA, il est impératif pour les commerçants d’encourager les demandes systématiques de justificatifs d’âge et de sensibiliser le personnel de vente. La fondation annonce qu’une nouvelle campagne de tests-achats sera menée l’an prochain. Si des améliorations ne sont pas constatées, les contrôles et les sanctions devraient être renforcés. «Aux politiques de décider», lance Rose-Marie Notz.