L'intérêt général, résultant du dialogue et de la négociation. Trente ans après avoir appliqué ce précepte pour créer de toutes pièces un nouveau canton, le Jura avait eu, depuis lors, la fâcheuse tendance à oublier les bonnes résolutions. A se complaire dans un esprit de clocher et de luttes intestines paralysantes. Au point de refuser le programme «Pays ouvert», susceptible pourtant d'endiguer un déclin qui menace.

L'accord, obtenu par le gouvernement avec les syndicats de la fonction publique et des enseignants, débouchant sur un paquet d'économies structurelles nécessaires pour assainir le budget, marque un tournant réjouissant. Davantage que les modestes effets sur la trésorerie, c'est le climat de respect et de confiance qui doit être salué. Sans se renier, gouvernement et syndicats ont trouvé une voie acceptable vers l'intérêt supérieur du canton.

Le Jura donne une image positive et responsable. Avec des acteurs publics qui se serrent les coudes. Ce bon résultat est à mettre au crédit du leader syndical Rémy Meury et des ministres Elisabeth Baume-Schneider et Philippe Receveur. Le parlement doit non seulement ratifier l'accord sans tergiverser, mais s'inspirer de son esprit pour donner au canton le second souffle dont il a besoin.