• Ces fameuses bombes à sous-munitions sont composées d'un conteneur (bombe, missile, roquette, obus) regroupant, selon les modèles, des dizaines ou centaines de «bombelettes». Le CBU26 américain par exemple contient 670 sous-munitions de la taille d'une balle de tennis qui, elles-mêmes, abritent chacune environ 300 fragments de métal. Lorsque les sous-munitions explosent, des fragments de métal sont projetés de manière indiscriminée sur l'équivalent d'une surface de plusieurs terrains de foot. Mais le danger des sous-munitions réside surtout dans le nombre de «ratés». Selon des experts, près de 30% d'entre elles ne fonctionnent pas à l'impact et exploseront, comme les mines antipersonnel, au contact de leur victime.

• La Suisse disposerait d'un stock d'environ 200 000 bombes à sous-munitions d'une valeur de 600 millions de francs. Des bombes qui, selon Paul Vermeulen, contiennent chacune entre 32 et 84 sous-munitions de type M85, «ce qui représente au minimum 6,4 millions et au maximum 16,8 millions de M85». Le Département fédéral de la défense (DDPS) refuse de confirmer le moindre chiffre. Matthias Halter, de la Direction de politique de sécurité du DDPS, se contente de dire que la Suisse dispose bien de sous-munitions M85 «partiellement fabriquées par RUAG, sous licence israélienne», de même que des SMArt 155 qui, elles, ne sont pas concernées par la convention qui sera signée à Oslo.

• En mai 2008, 107 pays ont adopté à Dublin un texte qui va interdire l'usage, la production, le commerce et le stockage des bombes à sous-munitions telles que définies dans son article 2. Ce texte interdira tous les modèles de bombes à sous-munitions qui ont été utilisés à ce jour dans des conflits. Sous certaines conditions, le document n'interdit pas aux Etats signataires de participer à des opérations militaires conjointes avec un Etat non signataire qui pourrait utiliser ces armes. Ne sont pas concernées par cette interdiction les bombes qui contiennent moins de 10 charges explosives pesant chacune plus de 4 kilos et qui sont aussi équipées d'un système d'acquisition de cible unique et d'un mécanisme électronique d'autodestruction et d'autodésactivation.

En revanche, les Etats parties s'engagent à nettoyer les zones contaminées par des sous-munitions non explosées et à venir en aide aux victimes de ces armes.

Le texte sera signé à Oslo le 3 décembre par ces Etats. Il entrera en vigueur six mois après la ratification par 30 pays. Si la Suisse ratifie ce traité, elle devra détruire son stock de M85 dans les huit ans.