Justice

L’internement à vie de Claude D. est confirmé en appel

La Cour d’appel pénale vaudoise a tranché dans ce dossier très émotionnel. Le verdict initial prononcé contre l’assassin de la jeune Marie est entièrement validé

L’internement à vie de Claude D., 40 ans, est confirmé. La Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal vaudois a estimé, vendredi, que la mesure ultime infligée par les premiers juges est dans ce cas justifiée et est aussi conforme à la Convention européenne des droits de l’homme. Le bourreau de la jeune Marie, enlevée et tuée au lendemain de son dix-neuvième anniversaire, est à nouveau reconnu coupable d’assassinat, jugé pleinement responsable et dépeint comme irrémédiablement dangereux.

La Cour estime que Claude D. entre dans un petit groupe de délinquants pour lesquels aucun traitement n’est envisageable. Le prévenu a choisi de ne pas se présenter à la lecture de ce jugement, un recours de sa part au Tribunal fédéral est probable.

Criminel endurci

Claude D. répondait d’une série d’accusations très lourdes pour avoir, le 13 mai 2013, emmené Marie de force à sa sortie du restaurant du Golf de Payerne, où elle travaillait comme apprentie sommelière, l’avoir attachée dans la voiture avec du scotch, et l’avoir conduite sur un petit chemin du bois de la Scie, dans le canton de Fribourg.

Durant ce huis clos de plus de six heures, l’agresseur, qui avait déjà écopé d’une peine de 20 ans pour avoir tué son ex-compagne et se trouvait en liberté surveillée, a évoqué son passé avant d’étrangler la jeune fille avec sa propre ceinture et de déposer son corps au bord d’un talus. Au cours de ses deux procès, il s’est contenté d’expliquer s’être senti trahi par Marie, qu’il fréquentait depuis deux mois, et blessé par ses propos.

Dangerosité avérée

Cette récidive a inévitablement posé la question d’un internement à vie, mesure qui nécessite un pronostic pour toujours sombre. Un premier expert, le Dr Philippe Vuille, a ouvert la brèche de l’incurabilité définitive en concluant à la dangerosité sans fin de Claude D., dépeint comme un psychopathe à jamais inaccessible à toute thérapie. Le second expert, le Dr Lutz-Peter Hiersemenzel, de Soleure, s’est refusé à une prédiction sur un si long terme tout en faisant état d’un risque très élevé s’agissant de cet être narcissique manipulateur, dominateur, insensible et destructeur.

Les réserves scientifiques de ce second expert sur la durée de la prévision – une exigence pourtant posée par le Tribunal fédéral depuis l’affaire Lucie – n’ont pas autrement fait douter les premiers juges qui ont infligé un internement à vie en sus de la perpétuité à cet homme qualifié de tueur en série cruel et irrécupérable. Une décision combattue en appel sur plusieurs points par les avocats de Claude D. alors que le procureur général, Eric Cottier, demandait sa confirmation. A l’issue de la lecture du verdict, le procureur général s’est félicité de cette décision «solidement motivée».

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